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Traversée du désert et Métamorphose : magnifique création de maria-luise Bodirsky

Carnets de rêves est un espace consacré au cheminement intérieur, au partage et aux confidences autour des rêves.
Pour découvrir cette voie des rêves, ou pour aller plus loin dans la recherche de mieux être (avec soi, avec les autres, avec la vie), Carnets de rêves se propose de rassembler des citations, des vidéos, des  livres, des films, autant de partages de savoir ou d’expériences qui peuvent aider à approfondir notre regard sur nous-mêmes et à tendre vers une conscience aimante.

Certains auteurs comme CG Jung, Marie-Louise von Franz, Anne Baring, Jean Shinoda Bolen, Marion Woodman sont de précieux alliés dans cette découverte du monde intérieur.

Parfois les rêves nous livrent aussi de précieuses informations sur notre santé ; Stephen B. Parker en témoigne à merveille dans son livre Ame et crise cardiaque.


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Bretagne Quimper

Rêve et spiritualité

img_0783Le contact avec quelqu’un de bienveillant, de souple et d’authentique, nous pousse parfois à réfléchir à ce que nous avons été amenés à vivre au sein de certaines institutions à vocation dite spirituelle.

Comme pour nous encourager, ce qui incarne nos plus belles aspirations à la spiritualité est alors illustré par les rêves comme un obstacle dans la relation avec le Bien-Aimé. Certaines voies sont en effet si teintées de rigorisme et tellement dogmatiques que le rêve nous les présentent à un moment donné comme un bastion duquel on cherche à s’échapper, et comme quelque chose au fond de la psyché qui vient faire barrage à nos échanges avec ce qui, en nous, est véritablement au service du cœur. Les échanges basés sur le jugement, les devoirs et la culpabilité ne sont pas vraiment le terreau idéal pour les graines d’amour.

Si nous n’accordons pas suffisamment d’attention à ces messages qui nous invitent à quitter certains chemins, les rêves peuvent devenir menaçants, soulignant le danger qu’il y aurait à renouer avec certaines tendances addictives. Dans La Délivrance dans les contes de fées, Marie-Louise von Franz écrit :

Le besoin de boire, de même que celui de se droguer est, dans de nombreux cas, secrètement motivé par la nostalgie de l’expérience numineuse. L’extase chargée d’émotion était originellement et historiquement l’élément de base de l’expérience religieuse. Quand des êtres sont séparés et frustrés de cette expérience, par intellectualisme ou pour toute autre raison, la nostalgie du spirituel prend quelquefois cette forme par trop concrète : l’extase religieuse est recherchée dans la bouteille !

Ce n’est parfois qu’en réjoignant les anciens élèves de ces institutions — ceux qui ont quitté le maître extérieur pour se tourner vers le maître intérieur, redevenant ainsi de nouveaux apprenants — que l’on retrouver la liberté « d’être en amour » et de restaurer un dialogue aimant avec soi, avec les autres, avec la Vie.

 

Le bonheur de rêver

fermeafricaine« La nuit apporte à ceux qui rêvent une enchantement particulier, une joie du cœur, une légèreté de l’âme que le jour nous ne connaissons pas.
Le rêve, aussi doux que le miel qui fond dans la bouche, est l’enchanteur qui nous délivre du destin.
Grâce à lui, nous connaissons la liberté, non pas celle du dictateur qui impose au monde sa volonté, mais celle de l’artiste libéré de vouloir.
Le bonheur de rêver ne tient pas à ce qu’on rêve, mais au jeu facile d’événements qui n’exigent aucun effort de notre part. Les paysages se déroulent d’eux-mêmes, les perspectives et les couleurs se succèdent, les voies, les demeures s’ouvrent devant nous ; des étrangers, qui ne sont ni amis ni ennemis, paraissent et disparaissent sans que nous leur fassions ni bien ni mal. La fuite et la poursuite si fréquentes dans les rêves sont, elles aussi, enivrantes.
Toutes les paroles que nous prononçons, toutes celles que nous entendons sont profondes, spirituelles. Si elles nous revenaient à l’esprit, dans la journée, peut-être nous paraîtraient-elles fanées et dépourvues de sens, c’est parce qu’elles appartiennent à un autre monde.
Mais la volupté du rêve c’est cette liberté qui vous pénètre comme la lumière ou l’air des sommets, qui répand en vous une joie surhumaine. Le rêveur est l’élu, l’être comblé. » 

— La Ferme Africaine, Karen Blixen

Chevaliers des temps modernes

« Cette animation resulte de trois mois de travail dans le cadre de mon travail de bachelor à la HEAD (Haute école d’art et design de Genève).
Il a été réalisé en animation traditionnelle dessinée et montée à l’aide d’Adobe premiere pro.
La narration se base sur le livre La Chevalerie relationnelle d’Olivier Clerc, et porpose de le revisiter pour rendre son contenu accessible aux enfants dès 7 ans.
L’idée est d’explorer les processus de nos relations sociale, à l’école et à la maison, en mettant l’accent sur l’importance de la parole et du choix de nos mots.
Cette vidéo à pour but de nous aider à établir des liens sociaux harmonieux, dans le respect de l’autre et aussi de soi-même. »

— Mélissa Monnier


Le rêve : toujours la voie royale vers l’inconscient

 

En tant que jungien et blogger de Mad In America j’ai eu envie de mettre l’accent sur la psychologie des profondeurs car j’ai lu peu de chose sur les rêves ou le fonctionnement de l’inconscient personnel ou collectif sur ce blog. Je vais donc tenter de vous livrer ce que mon ami et mentor, John Weir Perry, a partagé avec moi sur l’enseignement qu’il a reçu personnellement de Jung dans les années 40 sur la compréhension des rêves.
Selon John, la chose la plus importante qu’il ait apprise de Jung à Zurich, c’est la clé pour percevoir comment émotion et image s’articulent dans les rêves, dans la folie et dans la vie diurne. Et cela a joué plus tard dans la redéfintion qu’il a donné de l’archétype avec cette simple formule : l’image-affect ».

Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, déclarait il y a plus d’un siècle : “Les rêves sont la voie royale vers l’inconscient !” Je crois que cette déclaration est plus vraie que jamais. Mais, en 2013, dans ce monde étrange où une femme sur quatre et un Américain sur cinq prennent des psychotropes sur prescription, les rêves n’ont plus leur place pour sous-tendre le processus de guérison et contribuer à notre épanouissement personnel. Au cours des trente dernières années, la plupart de mes collègues en santé mentale ou de mes amis thérapeutes n’ont jamais sollicité ni écouté les rêves de ceux qu’ils accompagnent.
L’accent important mais toutefois limité qui est mis en thérapie sur le cognitif et la résolution des problèmes a tendance selon moi à bousculer des réalités et des besoins personnels plus profonds. La véritable source de connaissance inestimable que sont les rêves attend juste d’être reconnue et incluse dans la thérapie — ou dans les échanges entre pairs pour ceux d’entre nous qui en ont une expérience concrète.

J’encourage toujours les personnes que j’accompagne à apporter leurs rêves lors de nos séances de thérapie, parce que je sais combien la compréhension de ce qui est véhiculé par le rêve est précieuse. Chaque nuit, la psyché traite une quantité de contenus émotionnels représentés de façon symbolique par les images.
Ce processus onirique est tellement vital, que si l’on nous empêche de rêver plusieurs nuits durant, nous avons peu à peu des hallucinations et entrons petit à petit dans un état dit psychotique ou état modifié de la conscience.
Mais chaque matin — si nous portons attention à nos rêves —, nous avons la possibilité de  faire la lumière sur nos peurs, nos désirs les plus profonds, ou le sens de notre vie.
Et pour moi, la meilleure façon d’explorer les rêves se trouve dans les propos que Jung a tenus à Perry.
Mais tout d’abord, un peu d’histoire…

Jung était l’héritier présumé de Freud mais, parce qu’il y avait pour lui une couche plus profonde dans l’inconscient — une couche universelle ou collective de l’inconscient qui contient des résidus émotionnels et symboliques intemporels et qui est animée par des forces autonomes, numineuses et chtoniennes —, il  a mis un terme à sa relation avec Freud et la psychanalyse.
Pour Jung, outre les rêves à caractère personnel sur lesquels Freud s’est focalisé, les hommes ont souvent été visités en rêve par ces forces archétypales, mythiques et spirituelles par nature. Depuis ce point de vue plus complet et universel, Jung a découvert que, si l’on se souvient d’un rêve il faut, pour en obtenir une plus grande compréhension, se concentrer en tout premier lieu sur l’émotion exacte que nous avons ressentie dans le rêve. Si nous ressentons de la peur, quel est le personnage, l’environnement ou la situation qui réveille en nous cette la peur ? Quelle est la coloration, l’intensité de la peur ?
Puis, a-t-il dit à Perry, une fois que nous avons clairement identifié une émotion dans le rêve, nous pouvons alors regarder dans notre vie et essayer de voir où elle se situe. Nous ne pouvons généralement pas prendre une image du rêve et la relier directement à notre quotidien, parce que les images de rêve sont souvent singulières et que, par nature, leur symbolisme génère une certaine confusion.

Jung lui a confié qu’il avait finalement découvert sa propre méthode pour aborder le rêve après de terribles rêves récurrents dans lesquels il était poursuivi par un dragon menaçant. Jung décrit un moment où les choses lui sont apparues évidentes lorsqu’un jour, après s’être remémoré exactement l’émotion, il est consciemment entré en contact avec cette étrange peur qu’il ressentait dans les rêves de dragon à répétition ; il a alors pris conscience qu’une crainte similaire existait en lui à l’état de veille chaque fois que sa belle-mère entrait dans la pièce !
Il n’était pas conscient d’avoir peur d’elle à ce point.

La prochaine fois que vous avez un rêve où l’émotion est suffisamment palpable pour vous la remémorer, peut-être pourriez-vous envisager d’appliquer la méthode de Jung. Tout l’intérêt de sa méthode est d’attirer notre attention sur des personnes ou des situations réelles qui sont suffisamment fortes pour susciter de tels rêves, ainsi que sur les aspects mythiques qui se jouent dans les profondeurs de notre vie inconsciente.
Jung a réalisé que la forme archétypale — ou mythique — du dragon représentait un terrible aspect dévorant de la mère universelle, et qu’il devait s’atteler à la tâche et prendre conscience des raisons pour lesquelles les femmes telles que sa belle-mère éveillaient en lui cette crainte et cette imagerie anciennes.

Je sais que certaines personnes ne se souviennent pas facilement de leurs rêves. Mais si l’on s’engage à les noter, cela contribue souvent à ce l’inconscient produise des rêves que l’on retient. Il suffit d’avoir un bloc note et un stylo à proximité, assorti de la promesse de noter le rêve qu’il vous sera donné de vous rappeler, et il y a des chances pour que vous soyez récompensé(e).

Bonne chance sur la voie royale que sont les rêves !

— Dr. Michael Cornwall, PhD


Traduction : Michèle Le Clech, by courtesy of Michael Cornwall
Article original « Dreams, Still the Royal Road to the Unconscious«  paru sur Mad In America

Les traductions sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution


 

Présence de Jung

PresenceJungTrois analystes proches de C.G. Jung s’entretiennent avec Susan Wagner, elle-même analyste jungienne aux États-Unis : Marie-Louise von FranzBarbara Hannah et Gerhard Adler.

Le mot de l’éditeur

L’œuvre de Jung a un caractère intemporel. Elle est sans cesse réactualisée par l’impact qu’elle a sur ceux qui la lisent. Elle fournit aussi des outils précieux pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons : les dangers de l’ombre collective ou le besoin de prendre conscience des projections sont par exemple des sujets d’une actualité brûlante.
Trois analystes proches de C.G. Jung s’entretiennent ici avec Susan Wagner, une junguienne elle-même analyste aux États-Unis. Ayant personnellement connu Jung, ces trois continuateurs de sa pensée relatent leurs souvenirs et tracent, chacun à sa manière, le portrait de cette figure centrale de la psychologie du XXe siècle dont les découvertes continuent d’alimenter la pensée actuelle.
Avec des sensibilités différentes, ils abordent la personnalité de Jung aussi bien que les grands thèmes de sa psychologie — l’ombre, les archétypes, le lien entre le masculin et le féminin, l’alchimie, la synchronicité, le transfert, etc.
C’est un vaste panorama de l’homme et de son œuvre. Les différents thèmes sont traités avec la vivacité que donne l’interview, c’est-à-dire de l’oral. Le sens de l’humour prévaut aussi. On a l’impression de participer à une discussion.
Comme en témoigne cet ouvrage, la pensée de C.G. Jung ne se dissocie pas de son vécu. Et, comme par ricochet, les lecteurs de C.G. Jung se trouvent amenés, en approfondissant sa psychologie, à explorer leur propre vie intérieure.

Ecologie et sentiment

P1040277• Le paradigme de la modernité occidentale, qui se cristallise à la fin du XVe siècle, est à la fois dualiste, anthropocentrique, patriarcal, désacralisant, utilitariste et matérialiste. Il sous-tend le système économique dominant dont Frankenstein me semble être un excellent symbole.
Le savant fou incarne l’orgueil incommensurable de l’être humain, expression d’une démesure qui s’exprime dans la croyance en une croissance illimitée. Or celle-ci se heurte aux limites de la planète et aussi de ses habitants. Le burn-out, tout comme l’épuisement des richesses de la Terre, est la grande maladie de notre civilisation. […]

• Selon l’écopsychologue Joanna Macy, nous avons le choix entre trois histoires. La première est le business as usual, qui revient au déni de réalité. La deuxième est la grande désagrégation, caractérisée par des sentiments d’impuissance et de découragement. Le troisième scénario, à mon avis le seul réaliste, est celui du grand tournant, de la transition vers un mode de développement qui ne détruit plus la vie mais la soutient, l’honore et l’exalte.

— extraits de l’article « Le climat 
se réchauffe 
car nos cœurs sont trop 
froids » paru dans letemps.ch