Marie-Louise von Franz : rêver d’un enfant

The Problem of the Puer AeternusExtrait du livre de Marie-Louise von Franz, The Problem of the Puer Aeternus

« L’enfant est une possibilité intérieure, la possibilité de renouveau, mais comment s’inscrit-il dans la vie d’un adulte ? Qu’est-ce que cela signifie par exemple, si un adulte rêve d’un garçon ou d’une fille ? Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

[…] Je dirais simplement une nouvelle aventure au niveau de ces fonctions qui sont restées naïves. Cela a à voir avec la fonction inférieure, à travers laquelle se produit le renouveau, qui est restée enfantine et complètement naïve. Cela communique par conséquent une nouvelle vision et expérience de la vie au moment où la fonction supérieure épuisée arrive à sa fin. Cela communique tous ces plaisirs naïfs que l’on avait perdu avec l’enfance. C’est pourquoi nous devons apprendre à jouer à nouveau, mais dans le registre de la quatrième fonction, la fonction inférieure. Il n’est, par exemple, d’aucune utilité qu’un intellectuel commence une sorte de jeu intellectuel. Si un type « pensée » se mettait à extraire des citations de la Bible, disant qu’à moins de devenir comme des petits enfants vous n’entrerez jamais dans le royaume des Cieux, et puis que cette personne parte jouer aux échecs au club, cela n’aiderait pas car cela impliquerait à nouveau la fonction principale. Il y a une grande tentation à faire cela, à savoir d’accepter l’idée de jouer et ensuite de faire autre chose, quelque chose d’évasif, et de rester à jouer dans le champs de la fonction principale. J’ai souvent vu des types « sentiment » dont la fonction « sentiment » s’était épuisée qui, quand je leur propose de faire quelque chose qui n’a pas de but, quelque chose de ludique, proposent d’aller travailler dans une école maternelle, ou quelque chose comme ça. Mais cela n’a pas de sens, car ce serait à nouveau se trouver du côté du sentiment, ce serait une demi acceptation et une fuite tout à la fois.

Ce qui est vraiment difficile c’est de se tourner directement vers la fonction inférieure et jouer là-bas. Pour cela le moi doit abandonner son contrôle. Si vous vous mettez en contact avec votre fonction inférieure c’est elle qui décide le type de jeu, vous ne pouvez pas décider. La fonction inférieure, comme un enfant têtu, insistera qu’elle veut jouer à un truc ou à un autre, malgré le fait que vous auriez envie de dire que ce ne serait pas approprié ou que ça ne marcherait pas bien. Par exemple, chez un « intuitif », la fonction inférieure peut avoir envie de jouer avec de l’argile alors que la personne vit dans une chambre d’hôtel et préfèrerait de loin quelque chose de propre car cela fait beaucoup de saleté dans une chambre d’hôtel ! Mais vous ne pouvez rien imposer à la fonction inférieure ! Si vous êtes un « intuitif » et que vote fonction inférieure veut jouer avec des pierres ou de l’argile, alors vous devez faire un effort et trouver un endroit où cela serait possible. C’est exactement ça la difficulté ; le moi a toujours des milliers d’objections qui l’empêchent de se tourner la fonction inférieure. C’est toujours quelque chose de très difficile à arranger pratiquement.

La fonction inférieure est vraiment gênante, comme peuvent l’être les enfants, car vous ne pouvez pas la mettre dans une boîte et la sortir quand cela vous arrange. C’est une entité vivante avec ses propres exigences, et c’est une gêne pour le moi qui veut que les choses aillent à sa manière. »

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