Sans y être invitée

danseursOn se pose des questions, tant de questions…
C’est dans ces moments-là que l’animus-jardinier se montre précieux : il se cultive, par ses recherches, sa curiosité, par sa fidélité à la quête… il apprend sans cesse. En travaillant la terre — son propre fond —  il nourrit la psyché.
Grâce à ses connaissances, le féminin finit par se séparer d’un animus négatif régulièrement sous l’emprise de l’inconscient ; la stérilité qui régnait s’en va, un changement s’annonce — fécond — et avec lui, la nouveauté.
Si, loin d’être tentée de battre en retraite et de s’en tenir aux conventions, l’on emboîte le pas à cet animus-jardinier, on se retrouve très rapidement au cœur du changement. Et il faut franchir le pas, personne ne vous y invite.
Dans la psyché, la promesse d’une nouvelle façon d’être au monde est déjà là. Le conscient est un peu gêné, un peu hésitant à trouver ses marques et ça crée quelques remous. Mais il s’enhardit peu à peu.
Car l’atmosphère qui règne ici est si différente de l’ivresse du collectif que l’on connaît, elle rassemble et fait le lien avec les ancêtres, avec nos racines. Elle est musique.
Quand on a laissé résoner la musique de l’âme ancestrale, et que l’on a accueilli la souffrance — dont les racines plongent très profondément dans le temps, que ce soit à l’échelle d’une région, d’un pays, d’un groupe —, on a pu mesurer à quel point elle a paralysé toute une vie. Si l’on n’a pas craint d’être témoin de l’immense tourment des générations passées, on peut accueillir l’autre face de cette musique qui vous saisit aux tripes,  et vous donne l’impression de faire partie d’un tout.
Et ce n’est plus la hiérarchie qui prédomine, ni la compétition ; il ne s’agit plus d’être contre, rien n’est séparé. Les choses sont unies, un peu à l’image des danseurs qui, main dans la main, évoluent en cercle. Cette musique, à la fois ancestrale et actuelle, parle profondément au conscient, elle le saisit, le réveille, lui donne vie ; et il se sent enclin à participer au mouvement. Le voilà qui se lance pour aussitôt se reprendre : il craint le regard des autres, les anciennes peurs remontent… Il le sait : l’air du temps peut changer à tout moment. Il hésite, et bien lui en prend, car il découvre alors l’art d’improviser ou plutôt de se laisser improviser, l’art de jouer sa propre musique tout en étant à l’unisson. Ses préoccupations, ses aspirations  du moment sont en résonance avec ceux qui l’entourent. Il entend la douceur, la lenteur, le soin, l’amour… Il sent que c’est vers cela qu’il doit tendre tout en se demandant, tandis qu’il amorce un retour vers les anciennes valeurs, si cela ne va pas le mener trop loin. Et c’est alors qu’il découvre la magie du cercle : même au cœur de la nuit, immanquablement, il nous ramène à l’endroit dont on craignait de s’éloigner.
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2 réflexions sur “Sans y être invitée

  1. Quel beau texte ! Je le transposerai dans ma réalité d’homme en évoquant une anima cuisinière, un peu sorcière bien sûr dans sa façon de mélanger les épices et de laisser mijoter à feu doux la soupe essentielle. Je suis très touché par la conclusion qui rappelle la « magie du cercle », dans sa logique inverse à celle de l’échelle dans laquelle il s’agit de s’élever toujours plus haut…

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