Entre deux mondes

Entre deux mondes

« Entre deux mondes » — Marie-Aline Jung-Brett

Se pencher sur ses rêves, ce n’est pas se tenir prudemment sur la berge et observer de loin les mouvements de l’océan.
Explorer la profondeur, c’est faire corps avec l’image, c’est faire corps avec ses peurs, ses angoisses, c’est se laisser traverser par l’énorme flot de larmes enfouies depuis des années.
C’est laisser le moi s’effacer, se décomposer, ne plus se soucier du visage que l’on montre mais offrir ce visage fût-il ravagé .
C’est laisser les choses advenir et n’être plus que l’enfant, l’adolescent ou l’adulte que l’on était au moment de LA blessure — cette blessure qui aura parfois laissé une telle empreinte que toute la vie en sera marquée.

Se pencher sur ses rêves, c’est offrir l’espace à la douleur, ne pas avoir peur de souffrir davantage, ne pas craindre la prochaine vague, sans toutefois s’obliger à prononcer les mots qui ont un jour fait tant de mal… mais, simplement, doucement, attendre le bon moment pour qu’ils puissent se dire. Juste attendre d’être prêt à partager.
Ne pas craindre.
Ne plus craindre.
Jamais.
Se laisser être.
Complètement.
Entièrement, totalement livré au flot de la vie qui demande à passer à travers nous.
Se laisser dériver.
Accepter, de façon inconditionnelle, ce qui est. C’est là la véritable tâche qui nous est demandée : nous laisser toucher, submerger, rouler, ou emporter par la vague tout en gardant les yeux ouverts, la conscience en éveil.
Et savoir, pour l’avoir déjà vécu, que nous serons bientôt ramenés sur le rivage, que tôt ou tard nous reprendrons pied.
Etre qui on est, et celui qu’on a été à un moment de sa vie.
Renouer avec la vie là où elle s’est arrêtée.
Et s’apercevoir que, curieusement, les circonstances changent quasi instantanément, accompagnant la renaissance.
Retrouver la terre ferme.
La légèreté et le bien-être.
La joie.
La liberté.

— © Michèle Le Clech

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10 réflexions sur “Entre deux mondes

  1. Amezeg dit :

    « Savoir, pour l’avoir déjà vécu, que nous serons bientôt ramenés sur le rivage, que tôt ou tard nous reprendrons pied. »

    Et parfois peut-être, comme Hatim Taï tirant sa dernière flèche dans le Bain Badguerd, ne pas « le savoir » et s’en remettre totalement à la volonté de l’Infini *, à la grâce de Dieu…?

    Amezeg

    * « Que Ta volonté soit faite… »

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