Dr. Michael Cornwall : l’amour de soi

flammeL’amour de soi demande empathie et courage

Voici mon 31e article sur Mad In America le plus personnel aussi : je veux évoquer le fait d’être tendre et aimant envers moi-même lorsque je souffre, ainsi que de l’empathie et du courage que cela demande.

Abandonné très jeune par mes parents, je me suis toujours senti vulnérable face à la désapprobation et aux jugements d’autrui, craignant d’être ignoré, oublié, rejeté.

Lorsque j’ai basculé dans la folie, je me sentais bizarre, étranger — comme un outsider qui, de l’extérieur, jetterait un coup d’œil à travers les fenêtres, observant le monde douillet des autres, les vitres embuées par la vapeur qui émane des plats qui mijotent, et moi, invisible dans la lumière déclinante du soir, tandis que la vie de famille se déroule à l’intérieur où tous sont réunis autour d’un bon dîner, dans la sécurité, la chaleur et l’amour — une vision qui broyait mon cœur effrayé et solitaire.

J’ai compris toutefois que l’amour était en quelque sorte transportable, et que je pouvais le porter à l’intérieur de moi comme une petite flamme dans une chambre secrète de mon cœur. Et même lorsque, sans abri, je dormais par temps de pluie sous un arbre avec des punaises sur moi, ou dans l’abri du terrain de baseball du collège, je pouvais, tout au long de la nuit, goûter à cette grâce et à cet amour.
Je sais que les gens qui me connaissaient me regardaient bizarrement — Michael, l’étudiant en médecine, était désormais un citoyen mal lavé aux yeux hagards qu’il fallait éviter… et ils gagnaient le trottoir d’en face quand ils m’apercevaient dans la rue.
Alors, pour compenser la douleur que cela faisait naître, je tenais la petite flamme d’amour au plus près de moi. Lorsque j’ai pris conscience de cela, j’ai vu que je n’avais jamais vraiment digéré le poison — une pilule, estampillée « indigne d’amour ».
Je l’ai rejeté.
Je me suis dit : « Et merde — je mérite la compassion qu’ils auraient pour un chien.
Je vais me la donner.
Je m’aimerai moi-même si personne ne le fait. »
Et je l’ai fait. Et le fais toujours.

J’ai presque 70 ans aujourd’hui, et j’ai récemment eu un rêve qui m’a montré combien il faut de courage dans l’acceptation de l’amour.

Sur une route de montagne, une corde autour du cou, j’étais emmené au sein d’un groupe d’esclaves par des cavaliers munis de longues lances ou de piques — les cavaliers du roi.
Pour x raison, à l’intérieur de moi, des mots jaillissent spontanément…
— « Il y a une chose que j’ai toujours voulu dire… »
Et j’ai hurlé, de toute la force de mes poumons, tout en sachant que cela me vaudrait une mort certaine…
— « Merde au roi ! »
— « Merde au roi ! »

Sur ma gauche, un énorme champignon d’environ 3 m de haut a éclaté, plein d’une magnifique énergie, numineuse. Au-dessus de lui, dans le ciel, une mosaïque de milliers de petits motifs circulaires scintillants, vibrant d’énergie, tandis qu’un immense chœur célébrait à l’unisson la délivrance, sacrée, entraîné par mon cri de trahison, provocant et blasphématoire, contre la tyrannie du roi.

J’entends encore la note soutenue de ces milliers d’âmes.

L’amour est mon droit de naissance — il est aussi le vôtre.
Ne les laissez pas vous dire le contraire.
Il existe un amour qui n’attend pas qu’on le réclame, ou d’être reçu.
Un amour qui n’attend pas de recevoir en retour.
Il existe un amour humble qui, simplement, est.
Une flamme cachée qui, simplement, brûle.

— Dr. Michael Cornwall, PhD


— Traduction : Michèle Le Clech, avec l’aimable autorisation du Dr. Michael Cornwall 
Article original paru dans Mad In America: For Me, Self-Love Requires Both Mercy and Defiance


Les traductions sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution

 

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Une réflexion sur “Dr. Michael Cornwall : l’amour de soi

  1. Amezeg dit :

    Cette confidence de Michael Cornwall m’a permis de remarquer qu’en français il suffit de changer une lettre pour faire du Moi le Roi. C’est la lettre M… Le Moi devenu Roi tyrannique nous prive sans doute de la chaleur de la petite flamme brûlant dans la chambre secrète du cœur, sa majesté despotique nous en tient éloigné, jusqu’à nous la faire oublier.
    N’est-ce pas pour/par l’amour du Soi, amour de la Totalité, que le moi peut s’aimer ?

    J'aime

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