Sylvie Barbier : le quinqua

« Le plus jeune vieux de l’histoire de l’humanité, le voici : le quinqua. Dents blanches, ventre plat, cheveux gris mais vert partout ailleurs (ah non pas les genoux, foutus ligaments !).
Il télécharge les play-lists et les séries US de ses ados, porte les même jeans, se fait liker sur Facebook par les amies de sa fille qui le trouvent canooooon.
Rassuré il est, même s’il ne sait pas trop si c’est de la farce ou de la coquine.

Paumé il l’est aussi. Dans une société qui lui promet longue vie mais ne s’adresse qu’aux jeunes. Lui suggère de bosser plus longtemps mais le baptise sénior dès 45 ans alors qu’il commence tout juste à se sentir adulte, libéré.
Sommé d’être au top dans tous les domaines, avant la gifle narcissique majeure : la perte du pouvoir de séduction. En couple, avec la perspective de tenir encore trente ans ou divorcé, perplexe, un peu amer ou regonflé à bloc, en désir de conquêtes. »

C’est que, de nos jours, à un certain âge, explique Serge Hefez, psychiatre, thérapeute du couple, la femme fait beaucoup plus attention à elle qu’un homme. Elle a intégré la ménopause comme étape de vie, elle est plus sensible au passage du temps, s’y prépare. Alors que l’homme est accaparé par son métier. Il va accumuler les insatisfactions, tenir la barre sans broncher.  Il ne s’interroge pas assez, reste dans les rails, ne capte pas forcément les changements qui s’opèrent dans son couple, c’est beaucoup plus compliqué dans sa tête. Il prend aussi moins soin de lui et tout à coup, vers la cinquantaine, il est pris de panique. Pour peu que sa femme le quitte, en plein marasme professionnel ou personnel, il perd pied, c’est une épreuve narcissique terrible  à un âge où il espérait souffler, profiter, rayonner.

— Sylvie Barbier


Lire l’article en entier sur mariecloud, « Le blues du quinqua »

 

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3 réflexions sur “Sylvie Barbier : le quinqua

  1. « Ne le laisse pas tomber, il est si fragile…
    Etre un homme libéré, tu sais, c’est pas si facile… »
    chanterait Cookie Dingler

    Ce n’est pas seulement le « blues du quinqua », c’est peut-être le blues de l’homme d’aujourd’hui
    qui a du mal à trouver ses repères…quand les femmes ont une (petite) longueur d’avance…
    et ont déjà assimilé certains changements…
    Chacun(e) est confronté à ses fragilités…

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  2. Amezeg dit :

    Notre époque a poussé jusqu’à l’épuisement le modèle masculin, ce masculin de l’être qui domine et possède aussi un grand nombre de femmes qui s’estiment « libérées »…le sont-elles vraiment… ? Le « diagnostic » ne suffit pas à rendre libre, il peut aussi être aliénant lorsque s’y glisse (ce n’est pas toujours le cas) une part de mise en opposition réductrice des uns ou des unes par rapport aux autres.
    Au-delà du « diagnostic », et pour que ce diagnostic puisse contribuer utilement à l’évolution positive de l’humanité globale, masculin et féminin ensemble, il faut sans doute que naisse un sentiment profond de non-dualité. Ce sentiment ne naît peut-être que lorsque l’individu – homme ou femme – a suffisamment uni, en lui ou en elle, les deux pôles de son être : le féminin et le masculin.
    Ce regard non dualiste, non duelliste, naissant de l’unification intérieure n’est-il pas la seule vraie possibilité pour les hommes comme pour les femmes de transformer leurs fragilités en solidités ?
    Le moi juge et sépare, le Soi aime et unit. C’est à coup sûr un long et difficile chemin que celui qui conduit du regard du moi au regard du Soi.
    Pour l’Amour de Lui, demandons au Soi de nous aider à cheminer vers l’union féconde et rédemptrice des opposés présents en chacun et en chacune d’entre nous.

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