La colère : do majeur ou la mineur ?

FoudreOn se méprend parfois à propos de nos explosions de colères : elles n’ont pas toujours à voir avec la situation du moment.

On le pressent parfois et, l’orage passé, on se demande quelle mouche nous a piqués.
Des sentiments de regret, de tristesse, voire de culpabilité surgissent, laminant notre tranquillité et perturbant parfois notre sommeil. La scène passe en boucle et c’est un peu comme si on menait une enquête, cherchant à trouver le coupable, à mettre la main sur ce « fou », ce côté explosif qui s’est soudain manifesté.

Avec un peu de chance, on cueillera un rêve au matin. L’on constate alors que notre conscience s’est momentanément obscurcie et qu’une autre réalité s’est glissée entre nous et la situation réelle : en fait, c’est une autre histoire qui s’est jouée. On finit par comprendre que quelque chose d’important a trouvé là une occasion idéale, quelque chose qui aurait eu besoin de se manifester à une époque qui remonte parfois très loin dans notre histoire.

Nous n’avons pas à chercher de coupable ni à nous reconnaître comme tels. Nous avons plutôt à faire la lumière, à prendre conscience. Le rêve nous invite àretourner sur les lieux de l’explosion, à prendre de la hauteur et à voir dans ce comportement destructeur, non un coupable mais un messager. Car ce messager, c’est parfois un mineur, un enfant qui vient de la profondeur du passé pour dire son histoire, sa vérité. Car lorsque la violence, l’éducation ou les conventions se dressent très tôt contre ce que l’âme chérit de tout son cœur, les mots manquent souvent pour dire la frustration, la blessure, le chagrin, aussi l’enfant blessé ne peut-il se faire entendre qu’en faisant fi du politiquement correct.

Faire face à la colère, intérieurement, c’est donc s’offrir une chance : celle de renouer avec le feu secret de l’âme et son aspiration profonde, l’énergie de la créativité, de l’expression. C’est aussi s’offrir la chance d’entrevoir de nouveau le don qui a été déposé dans notre berceau.
Dans Psychologie et éducation, Jung dit :

On connaît trop les lourds dommages, qui durent souvent la vie entière, et qui résultent d’une stupide éducation à la maison ou à l’école, et l’on sait la pressante nécessité de méthodes pédagogiques rationnelles.
Mais, pour saisir vraiment ce mal à la racine, il faut se poser avec le plus grand sérieux la question de savoir comment il s’est fait et comment il se fait que des méthodes éducatives sottes et bornées sont toujours employées.
C’est, sans aucun doute, purement et simplement qu’il y a des éducateurs incompréhensifs qui ne sont pas des hommes, mais des automates méthodiques personnifiés.

Accueillir sa propre violence, accueillir son message, c’est aussi faire sa part de colibri, c’est soulager le monde — à sa mesure —, de la violence qui le menace : celle de milliers d’âmes dont la voix n’est pas entendue.

— © Michèle Le Clech

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