Gotthilf Isler : hommage à Marie-Louise von Franz

Marie-Louise von Franz

Marie-Louise von Franz

L’association Autour de Marie-Louise von Franz, dans le cadre du 10e anniversaire de la mort de Marie-Louise von Franz, a publié cet hommage rendu par Gotthilf Isler en février 1998.

Extrait 
Qu’elle ait été atteinte d’une maladie incurable et dépendante d’aide extérieure pendant des années a fait réfléchir plus d’un d’entre nous au sens de la vie. Elle s’est très certainement véritablement surmenée. […]
Elle n’a pas toujours supporté son destin avec sérénité. Il y a quatre ans, alors qu’elle avait la grippe et manquait d’appétit, elle avait pensé que c’était la solution : elle ne mangerait plus rien, ainsi le problème se résoudrait de lui-même, puis elle rêva :
Elle se trouvait à la gare de Zürich-Enge (eng = étroit) et tenait une jambe sur le rail en pensant que le train l’écraserait. Mais lorsque la locomotive sortit du tunnel, elle cria au secours très fort. Elle fut secourue d’une manière ou d’une autre et ensuite un nuage sombre enveloppa le tout, de sorte qu’elle ne pouvait plus rien voir. Dans cette obscurité, elle sentit la fourrure d’un grand chien et s’y accrocha. Le chien dit alors d’une voix humaine : « Ne fais pas cela ! Tout est organisé ! »
Lorsqu’elle raconta ce rêve, le 10 mars 1994, elle avait un sourire espiègle : « Tout est organisé : le billet réservé, l’hôtel commandé ! » Elle savait maintenant qu’elle devait continuer à supporter sa souffrance et à attendre.

Elle avait des rêves émouvants de beauté qui montraient son accomplissement et la rendaient profondément heureuse. J’aimerais vous en présenter quelques uns :
Elle se trouve dans une maison paysanne. Il y a beaucoup de monde en noir. Un jeune garçon de ferme creuse un trou pour le cercueil. Un vieil homme qui souffre de la même maladie qu’elle-même sort du cercueil. Il veut vivre ! Le jeune homme lutte avec lui, dit que sa place était là, le jette dans le cercueil et ferme le couvercle. Elle-même se dit indifférente à côté et penser : « Ceci ne me regarde pas. » Dans la cour il y a un arbre. Elle croit que c’est un marronnier d’Inde. Mais c’est un arbre magnifique avec des fleurs de la passion de la grandeur d’une assiette, qu’elle-même a planté il y a longtemps. Dans chaque fleur il y a une petite tomate. Elle en cueille une, la mange, et sait que c’est la cibus immortalitis, la nourriture d’immortalité.
Après ce récit, fait le 12 mai 1993, elle expliqua que le vieux était la volonté de vivre, qui ne veut pas abandonner, qui prolonge seulement la souffrance. L’autre trouve qu’il est temps de mourir. Des années plus tard, lorsqu’elle avait de plus en plus de mal à se nourrir à cause de la maladie, elle dit qu’elle voulait manger — que sa volonté de vivre était somme toute l’instinct vital le plus fort. Elle ajouta qu’en Autriche, on nomme les tomates Paradeisen. Et les tomates sont souvent considérées comme le fruit d’amour de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (…)

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