La ronde des contraires

YinYangFish.jpgLorsqu’on adhère véritablement à ce qui est — la réalité fût-elle des plus sombres —, les opposés se répondent. Une touchante marque de confiance survient de l’extérieur au moment où, à l’intérieur, règne un doute des plus profonds, un moment de légèreté nous est offert tandis que la pesanteur s’est installée dans notre vie, même l’improbable, voire l’impossible, se matérialisent, se concrétisent soudain, comme un rêve devenu réalité…

Le voyageur de l’âme ne lasse pas de s’émerveiller. Plus il renonce à lutter contre, à garder le cap, à contrôler ou à vouloir que les choses aillent à son idée — plus il répond présent à ce qui est, plus il accueille —, plus il devient enfant de la Nature, théâtre de ses incessantes transformations, réceptacle de ses bienfaits et de ses merveilles, conscient que les saisons feront leur œuvre, même en le dépouillant un jour de ce qu’il chérit le plus au monde. Il sourira même plus tard en repensant aux lamentations ou aux protestations qui l’habitaient sur le moment : regardant en arrière, il peut voir comment tout cela l’a aidé quand il manquait d’honnêteté et de courage.

Un coup d’œil vers le passé lui suffit pour voir comment, de temps à autre, la Nature, le temps, les circonstances s’arment pour faire table rase : ici un amour arraché, là des passions, des intentions, des envies disparues, ailleurs des savoir-faire qui ne sont plus… et plus rien ne subsiste parfois que le vide immense, terrible, à vous glacer le sang ou vous donner le vertige, à l’image d’un abime qui menacerait de vous engloutir.
Comment vivre au milieu des autres et se sentir parfois si seul ?
Que « faire » de l’insoutenable ennui ?
Chaque fois pourtant, puisque tel est son sort, le voyageur acceptera l’inconfortable.
Ainsi soit-il…

Parfois, il ne sait plus que l’aurore naît au cœur de la nuit, il ne sait pas encore que le terrible ennui contient un germe de vie, il a même oublié que la mort conduit dans les bras de l’Amour.

Sur terre rien n’est éternité,si ce n’est le mouvement, le temps qui fuit.
Même le plus bel été veut voir une fois la nature qui se fane, l’automne qui vient.
Reste tranquille, feuille, garde ton sang-froid
Lorsque le vent veut t’enlever au loin.
Poursuis tes jeux et ne te défends pas,
Laisse les choses advenir sans heurts,
Laisse enfin le vent qui te détacha te conduire jusqu’à ta demeure
(1).

— © Michèle Le Clech

(1) Hermann Hesse, « Feuilles mortes » in Éloge de la vieillesse, Paris, 2000.

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Tina Benson : les larmes du monde

roseTandis que je glissais entre les mondes, Elle m’a dit :
— « Il est temps… Il est temps pour toi de tout ressentir ; il est temps pour toi d’éprouver toute l’horreur que l’humanité s’inflige à elle-même et à la Terre.
Il est temps que tu perçoives la souffrance que tu t’infliges à toi-même, et celle que tu infliges aux autres ; temps de ressentir la solitude… la tienne et celle de tous.
Il est temps de ressentir l’angoisse des parents qui ont porté en terre un enfant ; l’angoisse des familles dont les enfants sont partis à la guerre et qui, jamais, ne sont revenus ; de ceux qui ont vu leurs proches disparaître à cause de la maladie, d’un incendie, d’une inondation, du suicide ; la souffrance de notre planète qui se meurt… celle des êtres vivants, des plantes et des animaux affamés qui agonisent ; celle des querelles d’amoureux jamais résolues ; celle des espoirs et des rêves non assouvis des rêveurs. »
— « Il te faut tout ressentir », a-t-Elle répété.

Mais je ne voulais pas.
Mes tripes se sont nouées ; je craignais de ne pouvoir supporter toute la souffrance qui est la nôtre.
— « Ça va me tuer », ai-je protesté tandis que les larmes commençaient à couler sur mon visage. « Je ne peux supporter l’idée de connaitre ou de vivre autant de souffrance.
— « Il le faut », a-t-elle répété… « L’heure est venue. Tu es prête. »
Et c’est ce que j’ai fait.
J’ai accepté la souffrance et l’angoisse en lien avec nos blessures… les miennes, les vôtres… celles des gens que je connais, celle de ceux que je ne connais pas et ne connaîtrai jamais.
J’ai laissé la souffrance envahir mes tripes.
Je l’ai laissée prendre corps et me souffler que, lorsque nous nous faisons du mal les uns les autres, ça a de l’importance ; que cela compte quand je me fais du mal ou que je fais du mal aux autres.
Mon cœur a pleuré chaque instant de cruauté commis à l’encontre de chacun d’entre nous sur cette belle planète.
J’ai pleuré chaque perte, pleuré la solitude de tous.
J’ai pleuré à ne plus pouvoir supporter la douleur au creux de mon ventre…
J’y suis arrivée.
J’ai tenu bon.
J’ai pleuré jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien… jusqu’à être vidée… et je me suis endormie.

Au réveil, le vide était rempli d’une immense douceur… pour moi, pour nous, pour nous tous. Un élan de bienveillance a germé… et l’envie de prendre soin… l’envie de garder les yeux ouverts et de regarder sans faillir la douleur et la souffrance ; l’envie de tendre la main et d’ouvrir mon cœur chaque fois que je le peux ; la volonté de garder les yeux ouverts, de ne pas m’endormir ; l’envie de ressentir la souffrance et la solitude que je rencontre au quotidien, tout comme la beauté et l’émerveillement.
Et tout accueillir, avec respect et gratitude.

— © Tina Benson, Author (A Woman Unto Herself: A Different Kind of Love Story), Jungian/Transpersonal/Spiritual Life Coach


Traduction : Michèle Le Clech (avec l’aimable autorisation de Tina Benson)
Relecture : Nelly Delambily

Traduction mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification


Blessures du cœur

ItsHurtingAgainCertaines blessures du cœur sont difficiles à guérir… si jamais elles guérissent un jour, ai-je lu il y a longtemps de cela sous la plume d’une amie.

De fait, la perte d’un grand amour laisse parfois une plaie profonde, une plaie qui reste longtemps béante dans certains cas. Si elle cicatrise au fil des ans, elle se rouvre cependant de temps à autre, de façon répétée parfois, et nous donne à croire qu’il nous est impossible de faire le deuil de cette relation. Quelque chose d’anodin survient, une scène dans un film, une chanson, une remarque, une date anniversaire, un parfum… un rêve… et la douleur se réveille, aussi intense qu’au premier jour. Sous nos pas, l’abîme s’ouvre de nouveau et le chagrin nous entraîne dans des profondeurs insoupçonnées qui semblent n’avoir pas de fond.

Mais celui qui incarne à nos yeux l’homme de notre vie est fort souvent la projection de quelque chose qui dépasse infiniment l’homme lui-même. Il représente certes pour un temps le regard aimant et bienveillant que personne n’a jamais posé sur nous, comme si, dans cette relation, nous avions pu nous voir à travers les yeux de l’aimé et non plus à travers le prisme des jugements négatifs et des croyances ; comme si, pour la première fois, nous avions pris conscience de nos qualités, de nos dons et de leur valeur ; comme si, pour la première fois, nous nous étions goûtées nous-mêmes, aimées nous-mêmes, et la vie et le monde alentours.
Il incarnait peut-être une présence, un soutien, des qualités dont nous avons manqué — ou auxquelles nous étions par trop attachées.
L’esprit nourrissait peut-être aussi l’esprit, et le corps la sensualité. Le cœur chantait un chant nouveau… La magie était dans l’air, les synchronicités fleurissaient çà et là, et une petite fée semblait nous suivre qui opérait mille et un petits miracles.


Puis un jour, sans même une explication parfois, « l’homme de notre vie » s’en va…
Tout disparaît.
Et le vide est abyssal.

C’est en tout cas ce qui se passe lorsque le meilleur de nous-même est plaqué sur un autre : sans lui, nous ne valons rien.
C’est, du moins, ce que nous croyons.
Nous n’avons pas conscience que les qualités que nous avons entrevues sont en nous.
Peut-être ces qualités sont-elles encore à l’état de jeunes pousses dans le jardin de notre âme ; ou peut-être sont-elles régulièrement écrasées par un animus irrespectueux qui les renvoie dans les bras de l’hiver. Nous l’oublions — ou l’ignorons peut-être —, mais le germe n’en reste pas moins présent. Ce n’est parfois qu’après un long travail que l’on parvient à protéger ce qui ne demande qu’à s’épanouir. Et c’est souvent au contact d’une autre femme, profondément en lien avec son côté masculin, que l’on trouvera l’inspiration, la force et la persévérance nécessaires pour protéger la future floraison. On trouvera aussi en elle l’humilité, la réceptivité, la patience, la confiance et la bienveillance suffisantes pour permettre à nos racines d’opérer la descente nécessaire vers les profondeurs de l’âme. On trouvera surtout en elle une incarnation de l’être au féminin.

Nous n’avons pas non plus conscience que l’amour est en nous ; les rêves nous ramènent donc inlassablement vers l’Aimé, vers l’océan infini de l’Amour, vers l’Un-sans-nom et l’Un-sans-visage.
Et pour nous faire prendre conscience de ce qui se joue dans notre monde intérieur, ils n’hésitent pas à emprunter le visage de celui qui incarne à nos yeux cet Amour… jusqu’à ce que nous soyons rendues capables de voir qu’une même attitude se répète : tout comme celui qui nous a quittée, nous nous détournons aussi de nous-même et nous rompons brutalement parfois la relation aimante d’avec nous-même pour retomber sous la coupe de la négativité, des jugements et des croyances héritées.
Et si l’on se penche assez longtemps sur les rêves, l’on peut voir une sorte de schéma qui se répète et dont les racines plongent loin dans le temps. Avec l’art qui les caractérise, les rêves feront le parallèle entre les événements de notre quotidien et certains événements marquants de notre passé.

Et parfois aussi, nous mettons le doigt sur un mode de fonctionnement hérité qui se répète à l’envi pour peu que nous tentions de vivre qui nous sommes vraiment.
Rien n’affecte davantage les enfants que la vie que les parents n’ont pas vécue, dit Jung.
Cela est si vrai que, tandis que nous abordons les rivages de l’âme, nous nous trouvons parfois entraînées vers le large.
Parfois encore, c’est lestées du poids d’un très lointain passé que nous sommes précipitées vers les grands fonds : la mémoire des femmes, inscrite dans nos cellules, se réveille, et l’on entre en résonnance avec la souffrance du Féminin à travers le temps. Tout comme dans l’océan à un certain degré de profondeur, la lumière ne passe plus ; la conscience, à ce stade, s’obscurcit elle aussi et peine à s’exprimer. Aucun mot ne pourra bientôt plus franchir nos lèvres : rien ne peut en effet traduire le terrible sentiment d’oppression et de souffrance que le corps endure sous le poids du passé. L’eau de nos larmes ne fait qu’ajouter à l’océan de tristesse de l’héritage ancestral.
Le remède à cette souffrance est paradoxalement davantage de souffrance ; il s’agira de descendre plus profond encore.

Le remède à la souffrance… n’est pas de se laisser submerger par l’inconscient, mais de la porter à la conscience et de souffrir davantage. Le démon de la souffrance est guéri par plus de souffrance, par l’intensification de la souffrance… Ne fermez pas les yeux sur le Sphinx angoissant, mais regardez-le bien en face ; laissez-le vous saisir dans sa gueule, vous croquer de ses milliers de dents venimeuses, et vous avaler. (1)

C’est comme un acte de foi.
Une présence amie et le regard bienveillant de quiconque s’est aventuré jusque-là sont le garant d’un peu d’humanité dans ces lieux habités par les monstres du passé et où la conscience risquerait de sombrer. L’on comprend seulement alors le sens de certains grands rêves ou images archétypiques survenus des années auparavant.
Voici la vision d’une femme d’environ 40 ans :

Souffrance à travers le temps 

Sur ma gauche un grand groupe de femmes. Ce sont des bretonnes, toutes de noir vêtues comme au siècle passé.
Venant d’elles, et en elles, je ressens une immense souffrance, une souffrance qui s’étend loin dans le temps, une souffrance qui m’empêche de vivre.
Sur la droite, l’océan.
La mer est calme.
Une grosse vague survient, faisant disparaître les femmes et la souffrance.
Et cela me réjouit.
Un temps…
Car je suis brusquement précipitée dans une souffrance sans nom. Une immense souffrance à laquelle je ne peux m’identifier (aucune raison personnelle) mais qui m’envahit et à laquelle je ne peux échapper.
Je n’ai pas peur, je sais au fond de moi que je dois la vivre.
Je me sens comme une marionnette, comme un pantin.
Je dois accepter et vivre la palette des sentiments qui surviennent.
Mon corps se tord de douleur, et mon visage se transforme comme pour refléter ce que je vis à l’intérieur…
Je suis comme un instrument entre les mains d’une sorte de musicien.

Puis je suis, graduellement, ramenée dans le monde des vivants ; je perçois une étrange paix, un amour immense ; je me sens radieuse, comme illuminée au dedans.
C’est comme une délivrance qui s’accompagne d’un immense soulagement.

Pour quelle raison le monstre nous recrache-t-il soudain ?
Cela reste un mystère.

— © Michèle Le Clech


(1) Miguel de Unamuno, The Tragic Sense of Life (cité dans The Black Sun, par Stanton Marlan)

 

Les chemins de l’écopsychologie

EcopyschologieLe Cosmos a une âme, comme la Nature vivante qui nous entoure, de même que les montagnes algériennes du Hoggar, celles de la Chine et des Andes péruviennes, sans oublier les landes irlandaises et les oliveraies palestiniennes.
L’Âme du monde est la pierre de voûte de cette philosophie qui refuse de réduire le réel au matériel. Comme dit le Coran, la Création est composée de « signes » ; les visionnaires européens de la Renaissance évoqueront, eux, ces « signatures » partout présentes, dans chaque fragment, pour celui qui sait lire les hiéroglyphes de la Nature vivante. Nous sommes ici au cœur d’une écologie sacrée, généreuse offrande léguée pour les générations qui viennent par les sagesses les plus anciennes.
Elle est un bien commun.
Mais, dans cette philosophie de l’Âme du monde, l’humain aussi est envisagé sur un mode qualitatif.
Il est porteur d’une infinitude déployée entre mémoire et imagination, présence et espérance. Selon les termes de cette philosophie, les femmes et les hommes sont à la hauteur de leur humanitas s’ils peuvent s’élever au rang de microcosmos.
Qu’est-ce à dire ? Le Cosmos, la Nature, les Quatre éléments, les Trois règnes ne sont pas seulement des réalités physiques et matérielles distribuées autour des humains ; ils sont aussi des réalités intérieures, psychiques, intimes, ils sont dans l’âme. C’est la raison pour laquelle la philosophie de l’Âme du monde est inséparable d’un humanisme cosmique.
L’écopsychologie, née aux débuts des années 1990, est l’héritière de ces vieilles sagesses. Elle ne se confond pas avec le développement personnel, car son défi est autre : la transformation, la transfiguration du monde, pour contribuer à l’émergence d’une Cité plus juste socialement, écologiquement et culturellement.
Spirituelle et philosophique, thérapeutique et politique, la révolution écopychologique veut en finir avec l’homo oeconomicus du capitalisme, et veut célébrer cet homo universalis, qui seule est capable d’arpenter les chemins de l’Âme du monde, au gré des langues, des imaginaires, des lieu-dits.

 — Mohammed Taled, Arpenter les chemins de l’Ecopsychologie. Humanisme cosmique et Philosophie de l’Âme du monde, Arma Artis, 2017


Ce livre peut être commandé en envoyant un mail à l’adresse électronique suivante :

Elisabeth Horowitz : Quelle coïncidence !

Horowitz_QuelleCoincidencePrésentation de l’éditeur

Les coïncidences ? Tout le monde aime les concours de circonstances surprenants et les faits extraordinaires, même les statisticiens et autres amateurs de probabilités.

Dans cet ouvrage, l’auteur retrace l’historique des recherches faites à partir de 1900. Plusieurs tentatives d’explication ayant émergé à cette date, en Europe, puis sur le continent américain.

Dans la première partie du siècle (1900-1950), toutes les coïncidences sont observées et analysées en tant que des phénomènes purement extérieurs, notamment suite aux travaux de Paul Kammerer concernant la loi des séries (1919). Avec l’apparition de la théorie de Carl Jung relative à la synchronicité (1952), naît l’hypothèse suivante : celles-ci pourraient être la projection et la matérialisation de contenus de la psyché (reflétés par l’environnement). Les deux visions sont en réalité complémentaires car à l’expérience, toutes les simultanéités, occurrences et coïncidences ne sauraient être rangées de manière définitive dans l’une ou l’autre de ces catégories.

Outre un panorama des successives approches théoriques, l’essentiel de l’ouvrage expose les mécanismes à l’oeuvre dans la formation des coïncidences et la signification de celles-ci.

À travers de nombreux exemple, le livre se veut pratique et concret: Quel sens donner aux coïncidences du quotidien ? Comme lire sur une voiture publicitaire le nom d’une connaissance qui, au même instant, vous appelle au téléphone ou encore obtenir les lettres formant votre patronyme lors d’une partie de scrabble… Toutes les réponses à ces questions et à de nombreuses autres, sont à découvrir dans ce livre.

— Elisabeth Horowitz, Quelle coïncidence ! Apprenez à décoder : hasards, surprises et synchronicités, Dervy Livres, 2017.

Danielle Messia : De la main gauche

DanielleMessiaJe t’écris de la main gauche
Celle qui n’a jamais parlé
Elle hésite, elle est si gauche
Que je l’ai toujours cachée
Je la mettais dans ma poche
Et là elle broyait du noir.
Elle jouait avec les croches
Et s’inventait des histoires.

Je t’écris de la main gauche
Celle qui n’a jamais compté
C’est celle qui faisait les fautes
Du moins, on l’a raconté.
Je m’efforçais de la perdre
Pour trouver le droit chemin
Une vie sans grand mystère
Où l’on n’se donne pas la main.
Des mots dans la marge étroite
Tout tremblants qui font des dessins.
Je me sens si maladroite
Et pourtant, je me sens bien.
Tiens voilà, c’est ma détresse
Tiens voilà, c’est la vérité.
Je n’ai jamais eu d’adresse
Rien qu’une fausse identité.

Je t’écris de la main bête
Qui n’a pas le poing serré
Pour la guerre, elle n’est pas prête
Pour le pouvoir, n’est pas douée.
Voilà que je la découvre
Comme un trésor oublié
Une vue que je recouvre
Pour les sentiers égarés.
On prend tous la ligne droite
C’est plus court, oh oui, c’est plus court
On n’voit pas qu’elle est étroite
Qui n’y a plus d’place pour l’amour.
Je voulais dire que je t’aime
Sans espoir et sans regrets
Je voulais dire que je t’aime
T’aime, parce que ça sonne vrai.

— Danielle Messia, De la main gauche, chanson écrite en 1982 et figurant sur l’album du même nom.

 

Daniela F. Sieff : que signifie être guéri ?

L’univers du traumatisme et la sagesse de Marion Woodman

Lorsque nous essayons de guérir d’un traumatisme, la plupart d’entre nous s’imaginent naïvement parvenir en un lieu où ils seront délivrés de la souffrance qui résulte de leurs blessures et où le traumatisme n’affectera plus leur vie.
Mais ce n’est pas le cas. On ne peut changer le passé. Nos blessures font partie de nous. Ce qui peut être transformé, cependant, c’est le lien que nous entretenons avec ces blessures, avec nous-mêmes et avec les autres.

Pour opérer ce changement décisif, il nous faut à la fois explorer l’esprit et le corps afin d’y trouver d’autres façons, plus saines, d’aborder la souffrance et la peur qui entourent ces blessures — et, de manière toute aussi cruciale, de modifier l’univers traumatique qui se forme tout autour.
C’est un processus difficile et qui prend du temps. Beaucoup de gens, y compris la majorité des services de santé publique, sont à la recherche d’une voie plus simple et plus rapide. Mais semblable chose n’existe pas.

MarionWoodman44Pour faire face au traumatisme de façon pertinente, il nous faut nous impliquer et relever un défi. Nous avons également besoin d’être accompagnés par ceux qui ont une connaissance du traumatisme de par l’expérience qu’ils en ont faite à la fois sur le plan de l’âme, du corps et de l’esprit.
Marion Woodman est l’une de ces personnes.

— Extrait de l’article « Trauma-worlds and the wisdom of Marion Woodman » publié par Daniela F. Sieff in Psychological Perspectives, A Quarterly Journal of Jungian Thought.


Traduction : Michèle Le Clech, avec l’aimable autorisation de Daniela F. Sieff
Relecture : Nelly Delambilly

Les traductions sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution