Steven B. Parker : les émotions d’un cœur blessé

emotionsNous entrons en contact les uns avec les autres à travers nos blessures
— Rachel Naomi Remen

J’ai connu un flot d’émotions diverses après avoir survécu à cette crise cardiaque :
• le soulagement d’être en vie
• l’incrédulité et la colère que cela se soit produit
• le chagrin pour tout ce qui était et sera perdu
• la gratitude envers ceux qui m’ont aidé
• une extrême vulnérabilité dans un monde auparavant sûr
• la peur de ce que l’avenir pourrait réserver

J’avais pris ma vitalité pour acquise et supposais que j’avais devant moi de longues années d’une vie en bonne santé. Aujourd’hui, je n’ai rien de solide sur quoi m’appuyer. Je suis profondément affaibli. Je ne sais jamais si je vais me réveiller le lendemain. Je doute d’être un jour en mesure de retrouver une quelconque vie normale.
C’est comme si j’avais traversé le Styx, la rivière des Enfers, et que j’avais été autorisé à retourner temporairement dans le monde des Mortels, pour une durée indéterminée.

Ce voyage a certes été l’enfer mais il m’a en même temps apporté quelque chose d’important et de grande valeur : j’éprouve à présent une compassion accrue pour ceux qui sont blessés, de la compassion pour tous ceux qui doivent traverser le Styx.

La crise cardiaque a brisé mon cœur, elle l’a aussi ouvert.

— 4 mars 2007


Un autre extrait peut-être lu ici : Steven B. Parker, « Les rêves et la santé« 
Présentation du livre : Dr. Steven B. Parker, Ame et crise cardiaque

Wanda Easter Burch : rêve et cancer

swdExtermination des chauves-souris

J’entre dans une grande pièce — les côtés du lit sont comme ceux d’un berceau. Robert et ma famille entrent avec moi. Il y a une grosse chauve-souris sous le lit. Je me précipite vers elle, la saisis par la tête, et écrase sa tête dans mes mains. Puis je la jette dans l’escalier où elle s’empale sur une sorte de couteau qui dépasse du mur. Je regarde vers le haut. Le plafond est couvert de petites chauves-souris. J’appelle à l’aide. Nous commençons à exterminer les chauves-souris avec du poison jusqu’à ce que la chambre en soit débarrassée. Je me pelotonne ensuite paisiblement dans le lit et je m’endors.

[…] La première chauve-souris — le cancer, la tumeur-mère — a été enlevée chirurgicalement (la grosse chauve-souris empalée sur la lame), puis les cellules cancéreuses provenant de la tumeur mère qui ont échappé à la chirurgie (les petites chauves-souris) sont détruites par le poison (la chimiothérapie). C’est seulement quand toutes les chauves-souris ont été détruites par le poison que la chambre (mon corps) devient propre et saine et que je peux me pelotonner paisiblement dans le lit et dormir.

[…] Les résultats de la biopsie sont arrivés ; ils montraient que le cancer s’était propagé au-delà de la tumeur mammaire. Le docteur Jay me dit que suite à cette nouvelle information, il fallait revoir la chimiothérapie qui avait été recommandée. Il estimait que la meilleure façon de faire face à l’agressivité inhabituelle de mon cancer était de procéder à une mastectomie radicale modifiée, suivie d’une lourde chimiothérapie. Cela voulait dire que, suite à cette chimiothérapie, j’allais perdre mes cheveux ; ils n’allaient pas juste se clairsemer.
J’ai pensé au rêve des chauves-souris et j’ai accepté le nouveau protocole. Je voulais utiliser tous les moyens à ma disposition, et j’étais fermement convaincue que je pouvais combiner mes rêves avec le traitement particulièrement sévère qui m’était proposé — et peut-être même éviter certains des terribles effets secondaires.

— Wanda Easter Burch, She Who Dreams


— Traduction : Michèle Le Clech  (by courtesy of Wanda Easter Burch)

Les traductions sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution


Mot de l’éditeur :

Wanda Burch a rêvé qu’elle allait mourir à un certain âge ; ses rêves ont prédit son cancer, puis l’ont accompagnée dans son traitement et le retour au bien-être. Wanda a utilisé toutes les possibilités à sa disposition pour guérir mais elle pense que, si elle est en vie, c’est grâce à son profond engagement envers le monde du rêve. Par son récit vibrant et des exercices pratiques, ce livre montre que la sagesse réside en chacun de nous, et que nous avons accès à cette sagesse à travers les rêves.

site internet

Marie-Laure Colonna : l’inconscient et la raison

MLCExtrait de l’interview de Marie-Laure Colonna, « L’inconscient se moque de la raison », éditée en juillet 2009 sur psychologie.com

— Psychologie : Pour Jung, l’inconscient collectif nous livre des clés pour avancer…

— Marie-Laure Colonna : Imaginons la personnalité sous la forme d’une maison.
Il y a les pièces à vivre, que l’on connaît bien.
Elles sont notre inconscient personnel hérité de notre culture et de notre histoire.
Puis le sous-sol, plus étranger car plus profondément enfoui, qui contient les mythes et symboles communs à l’humanité.
Dans toutes les cultures, le langage de la sagesse se divulgue sous forme de paraboles et de récits s’adressant à l’âme, au cœur et pas seulement à la pensée.

Quand on touche à l’inconscient collectif interviennent en nous des énergies puissantes.
Mais selon la structure de l’individu, ces forces peuvent être créatrices — c’est le cas des artistes — ou destructrices, c’est le cas des psychotiques.

Les uns et les autres sont au même niveau de psyché, mais n’en font pas le même usage. Une patiente me dit un jour qu’elle est atteinte d’un cancer et qu’elle ne se sent pas la force de se battre.
Elle me raconte un rêve.
Elle avait accompli un passage dans les entrailles de la terre avant d’être avalée par un monstre après un effroyable combat.
Spontanément, je lui raconte l’histoire de Jonas et de la baleine, lui montrant combien il avait été important pour Jonas d’être avalé par la baleine car, lorsqu’elle l’avait recraché, il en était ressorti métamorphosé.
A la fin de mon récit, elle m’a dit : « Je vais me battre, car je veux vivre. »

J’ai lu : Ame et crise cardiaque : Dans le labyrinthe de la guérison

Sylvie Verchère Merle est l’auteure de « La Femme dans la société celte » (à paraître prochainement : « Le Féminin solaire dans la mythologie »).
Je ne résiste pas au plaisir de relayer son commentaire sur le livre de Stephen B. Parker, « Ame et crise cardiaque ».

Sylvie Verchère Merle

ame et crise cardiaqueStephen B. Parker
Traduction Carnets de rêves

Version Kindle sur Amazon —–>>> en ligne (4 € 54)

Le récit en images et en mots, d’un parcours de guérison après une crise cardiaque.

Présentation de l’éditeur
Quand le cœur s’arrête, c’est un monde qui bascule. Le travail de Steve Parker témoigne d’une autre vie possible quand la mort a approché le cœur et qu’il a survécu. À travers son remarquable témoignage et ses étonnantes peintures, nous sommes invités à observer la transformation d’une vie qui se fraie un chemin vers le renouveau.
— Robbie Bosnak, Traks in the Wilderness of Dreams
L’histoire de Steve Parker m’a littéralement renvoyée à moi-même. Il décrit d’une merveilleuse façon le parcours à travers le labyrinthe émotionnel que j’ai dû traverser après ma propre crise cardiaque. Toutes les familles qui traversent de semblables moments tireront un énorme bénéfice en découvrant ce processus de guérison émotionnelle suite…

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Stephen B. Parker : Ame et crise cardiaque

Ame et crise cardiaque

Le livre de Stephen B. Parker, Heart Attack and Soul, vient de paraître  en format numérique dans sa version française : Ame et crise cardiaque.

Quatrième de couverture
Quand le cœur s’arrête, c’est un monde qui bascule. Le travail de Steve Parker témoigne d’une autre vie possible quand la mort a approché le cœur et qu’il a survécu. À travers son remarquable témoignage et ses étonnantes peintures, nous sommes invités à observer la transformation d’une vie qui se fraie un chemin vers le renouveau. 
— Robbie Bosnak, Traks in the Wilderness of Dreams 

L’histoire de Steve Parker m’a littéralement renvoyée à moi-même. Il décrit d’une merveilleuse façon le parcours à travers le labyrinthe émotionnel que j’ai dû traverser après ma propre crise cardiaque. Toutes les familles qui traversent de semblables moments tireront un énorme bénéfice en découvrant ce processus de guérison émotionnelle suite à un événement traumatisant. 
— Carolyn Thomas, Heart Sisters, www.myheartsisters.org

Le récit du rêve qui a précédé la crise cardiaque est une ressource importante pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de la santé ; l’approche du Dr Parker sur l’utilisation des images des rêves dans l’accélération du processus de guérison, nous est d’une aide précieuse. 
Hautement recommandé. 
— Patricia Garfield, Ph.D., The Healing Power of Dreams


Un extrait peut être lu ici : Dr. Steven B. Parker, les rêves et la santé


Témoignage : rêves et santé

ShoesTu marches dans mes bottes…
— Ce témoignage est paru en anglais sur le blog de Robert Moss sous le titre When her dead ex-husband warned she was walking in his shoes.

Deborah Dutilh témoigne de son expérience — la vie sauve grâce au diagnostic… posé par un rêve :

Mon ex-mari, Jean-François, est mort d’une tumeur cérébrale en février 2011. Et puis il est revenu en rêve, le 22 août 2013 ; je me suis demandée si je devais m’en faire. Malgré notre divorce, nous nous inquiétions toujours l’un pour l’autre et savions que nous serions toujours reliés grâce à nos enfants.

Dans ce rêve, Jean-François me rend visite et me donne le dessin qu’il a fait d’un drôle de phoque. Nous marchons le long de la plage, main dans la main. Je porte ses vieilles chaussures de randonnée en cuir robuste, à semelles épaisses avec de longs lacets rouges enroulés plusieurs fois autour de mes chevilles. Puis, soudain, nous sommes dans sa voiture dans les allées d’un grand magasin genre Target, cherchant une sortie.

Je me suis réveillée avec un fort sentiment d’anxiété ; je n’aimais pas du tout le sens de ce rêve ! Je sais que le sceau(*) représente le pacte que nous avons fait :  être reliés. Marcher dans ses chaussures veut-il dire que j’ai aussi un problème de santé ? Ces longs lacets rouges symbolisent-ils nos âmes à jamais enlacées ? Quel avenir m’est réservé dans le magasin ? Dois-je faire les rayons pour trouver une solution ?
Bien sûr que non ! Je n’ai aucun problème de santé. Je suis en parfaite santé, tenté-je de me convaincre.

Lorsque nous ne voulons pas faire face à la peur de ce que le rêve peut signifier, il est facile à notre critique intérieur de glisser vers une interprétation différente pour nous protéger de ce que dit l’intuition.
Au réveil, cet esprit critique me dit : « Evidemment que tu n’as pas de tumeur au cerveau ! Tu sais combien tu t’es battue pour construire ton entreprise ? Mais tu aurais pu le soutenir davantage quand il a monté la sienne, il y a, je ne sais pas, 25 ou 30 ans ! Rappelle-toi, tu disais que tu aurais travaillé pendant qu’il montait sa boîte, mais après des années sans aucune rentrée d’argent, tu en avais vraiment marre, et tu as commencé à éprouver du ressentiment. Admets-le ! Tu devrais te sentir coupable à ce sujet !!
Donc voilà ! La culpabilité, c’est mieux qu’une tumeur au cerveau, n’est-ce pas ? » me disait cet esprit critique.
Sans aucun symptôme à ce moment-là, c’était plausible, mais mon intuition me soufflait autre chose. Je n’avais pas d’autre choix que d’attendre et de voir.

Le 14 Septembre, j’ai ressenti une terrible migraine qui m’a conduite aux urgences. Il existe tant de causes, pour les maux de tête que les médecins n’étaient pas inquiets. On m’a renvoyée chez moi avec des médicaments anti-douleur et la consigne de me reposer et de boire beaucoup. Une fois de plus mon intuition n’était pas d’accord.

Puis, le 18 Septembre, j’ai eu un autre rêve, très clair, dans lequel on me rendait hommage, j’étais invisible et je pouvais facilement passer à travers le corps des invités qui racontaient des histoires sur moi et disaient combien j’avais été courageuse !
Ce rêve confirmait vraiment que j’avais quelque chose de très grave.

Je suis allée voir mon médecin le jour même. Il m’a écoutée attentivement quand je lui ai parlé de mes rêves et de ce que mon intuition me disait. Ironiquement, les dates correspondaient elles aussi. J’ai eu la migraine le 14 Septembre, soit 4 ans jour pour jour, après la crise de Jean-François. Ce mal de tête inhabituel avait également inquiété mes fils . Nous avions déjà connu cela avec leur père et avions tous besoin d’avoir l’esprit en paix.
J’ai demandé : « Docteur, pensez-vous que les rêves peuvent annoncer une maladie ? »
Il le pensait, heureusement, et il m’a adressée à un neurologue pour une IRM afin d’exclure tout problème grave. J’allais pourtant parfaitement bien, mes seuls symptômes : trois migraines et deux rêves très clairs qui n’avaient pas besoin d’une grande expertise pour être interprétés. Malgré tout, cela n’inquiétait personne.

Six semaines plus tard, à la surprise générale, l’IRM montrait une tumeur de la taille d’un abricot sur la surface du lobe temporal droit. Je fus immédiatement admise à l’hôpital pour une chirurgie du cerveau programmée deux jours plus tard — le jour où Jean-François aurait fêté ses 60 ans. J’en sortais deux jours après, le jour de mon 60e anniversaire.

 […] (cliquez sur les numéros ci-après pour la suite)

Dr Stephen B. Parker : cercle de pierre

enso-stoneAu cœur d’un cercle de pierres…
Voici, très brièvement, l’histoire d’une femme, victime du trouble de la personnalité multiple, et de l’aide inestimable que peut procurer un site très particulier.

— Dr Stephen B. Parker, psychologue, stonecurrents

Sur une impulsion, j’ai accompagné pour la première fois l’une de mes patientes au sanctuaire de pierres. C’était une journée d’automne, plutôt chaude pour Fairbanks.
Cette patiente, qui travaillait avec moi depuis quelques années, est l’une des rares personnes que j’ai accompagnées présentant un trouble de la personnalité multiple.
Elle s’est assise au centre du Sunken Enso(**) et, de façon spontanée, a laissé surgir ses différentes personnalités. Elle frottait son œil gauche et changeait de posture, signalant par là l’émergence d’une personnalité différente ; chaque personnalité regardait attentivement et avec étonnement le paysage de pierre qui l’entourait.
À ma grande surprise, elle a soudainement tracé un cercle dans le sable avec une croix en son centre. La voix d’un jeune garçon murmura : « Personne ne sait que je suis ici… Je me cachais dans les bois. »
Après avoir surmonté ma surprise, des plus totales, j’ai suggéré que, peut-être, les autres aimeraient bien connaître sa présence. Il a dit : « Quel nom vais-je me donner ? » Il a regardé autour de lui et a dit : « Rocky… Non, ça pourrait leur faire peur… Sky, je crois que je vais m’appeler Sky(*). »
J’ai dit :  « Bonjour, Sky… » J’ai levé les yeux et me suis entendu dire : « Vous savez, le ciel relie toutes les choses entre elles… »
Au rendez-vous suivant, elle a apporté la partie supérieure d’une flèche qu’elle gardait depuis l’enfance, et dit : « Nous aimerions tous vous remercier… Nous étions comme une flèche brisée… et vous nous avez montré le chemin. Nous voudrions enterrer cela au sanctuaire pour que nous puissions, toujours, trouver le chemin du retour. »
Avant d’aller au sanctuaire, j’ai attrapé un morceau de flèche orné de plumes que j’avais ramassé dans les bois plusieurs mois auparavant en me disant que cela pourrait être utile à un moment donné.
Lors d’une cérémonie, nous avons rassemblés les deux morceaux de flèche et les avons enterrés, en direction du sanctuaire.

Après cette session, ma cliente me dit : « Pour la première fois de ma vie je me sens entière… Je n’ai pas peur de quitter la ville… Je sais qu’il y aura toujours une place pour nous et qu’il m’est possible de me retrouver, toujours. »
Pour ceux qui connaissent les travaux de C.G. Jung, l’image qu’elle a dessinée, celle d’un cercle contenant une croix, est un mandala qui représente la quaternité, un symbole du Soi.
Cette femme ne connaissait pas l’œuvre de Jung et ignorait tout de ces choses-là sur le plan conscient.
Ce fut pour moi une expérience très intense que de voir ce processus se dérouler en elle, et de voir à quel point un cercle de pierres, un sanctuaire de pierres, peut faire la différence et devenir un lieu de guérison.

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(*) Le mot anglais “Sky” signifie “ciel”.
(**) L’ Enso est un thème fréquent dans la calligraphie japonaise, notamment chez les pratiquants Zen, et qui est généralement traduit par « cercle » — « cercle infini » ou « cercle de lumière » (et c’est alors un symbole d’illumination, ou de l’univers).


— Traduction : Michèle Le Clech, by courtesy of Dr Spheven B. Parker
Article original paru dans jungcurrents: The Psyche and Healing in a Stone Circle


Les traductions sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution