Dreamstorming

grainesEn matière de créativité vous avez peut-être entendu parler du concept de « brainstorming » ? (mot anglais signifiant littéralement « tempête de cerveau » traduit en français par remue-méninges). Il s’agit de laisser les idées, les pensées et les images vagabonder librement avec l’espoir qu’elles conduisent à de nouvelles solutions d’un problème épineux.
Combien d’entre nous ont déjà considéré les possibilités du « dreamstorming » ? Non seulement notre esprit de rêve a une capacité mystérieuse de trier un grand nombre de détails, mais il traite également du matériel d’une façon qui n’est pas limitée par les règles habituelles de la logique et peut ainsi suggérer des solutions parfois très nouvelles et innovantes.
Quand nous sommes frustrés par un problème dans notre vie nous risquons de nous retrouver dans une ornière, ou de faire des allers-retours à travers le même terrain connu mais improductif.
Dans les rêves, il semble que nous pouvons presque flotter, comme un colibri ou voler en arrière, de haut en bas ou latéralement, afin de voir le problème qui nous met dans l’impasse, sous un angle nouveau ou avec une nouvelle perspective.

— Extrait de l’article Les rêves : une source de créativité infinie paru sur le blog Les grands rêves

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Il gèle parfois en enfer

catrinwelz

Art: Catrin Welz-Stein

Il existe dans l’inconscient des forces si malveillantes qu’elles n’offrent que froideur à toute tentative d’évolution ou de nouveauté.
Elles apparaissent parfois dans les rêves sous les traits d’un démon du froid — ou même du diable. Et l’influence de ce démon est telle qu’un épais brouillard givrant entoure toute nouvelle pousse, qu’il s’agisse de conscience nouvelle, d’impulsions de vie ou de créativité, du moindre germe de plénitude ou même d’espoir.

Dans un monde de jugements et de condamnations en tout genre dont beaucoup d’entre nous ont hérité, l’ingrédient indispensable à la croissance a souvent cruellement manqué depuis l’enfance : le feu secret des Alchimistes, l’amour, la bienveillance, la patiente attention à ce qui fait timidement son apparition.
A sa place, quelque chose de démoniaque s’est installé dans la psyché, fort de longues pratiques ancestrales.

Mais quand, guidée par ses rêves, une femme est suffisamment courageuse pour aborder cette strate de son monde intérieur — malgré la température glaciale qui y règne —, si elle peut protéger suffisamment longtemps la lumière de la conscience,  elle constate en effet qu’il gèle en son enfer et mesure dans le même temps son isolement : ce gel, elle peut le voir, s’étend à ses relations et paralyse tout élan, bloquant ainsi toute possibilité d’obtenir aide et chaleur humaine.
Le courage qui l’habite à ce moment-là est décisif, car un tournant se produit alors dans son existence. Cette prise de conscience lui permet de se distancer de ce démon et de s’en affranchir… puis de s’accorder à elle-même la douceur dont elle a tant besoin pour renouer avec sa véritable essence.

Si, par ailleurs, elle respecte suffisamment les images de ses rêves et qu’elle a soin de se relier à elles — par exemple par un travail créatif ou une imagination active —, si elle se laisse toucher par leur beauté, leur intensité ou leurs promesses, alors quelque chose reprend vie dans son monde intérieur et dans ses tripes, invitant l’animus conscient à honorer le côté précieux de toute étincelle de vie.

— Michèle Le Clech ©

 

Marie-Louise von Franz : divorce et créativité

La Femme dans les contes de féesJe me souviens d’une femme mariée qui avait eu un flirt assez inoffensif avec un homme également marié. Comprenant que cela pourrait aller plus loin et ayant beaucoup d’estime pour l’épouse de cet homme, elle préféra cesser de le voir. Sa vie prit un autre tour et elle oublia l’affaire qui se perdit sous la surface du conscient.
Plus tard surgit en elle un immense besoin de création, elle entreprit une tâche qu’elle repoussait depuis longtemps et se mit à écrire, attendant avec intérêt de voir quelle serait la réponse de l’inconscient. Et voilà qu’elle rêva que ce couple qu’elle avait connu divorçait et qu’elle épousait l’homme avec qui elle avait flirté. Prenant le rêve à la lettre, elle fut d’abord bouleversée.
Or il s’avéra qu’il s’agissait d’un « mariage intérieur » : elle était invitée à épouser ses forces créatrices pour donner naissance à une œuvre personnelle.
Si une femme demeure volontairement inconsciente et refuse une pulsion créatrice, il se produit dans son inconscient une sorte de mariage négatif entre son animus et son ombre (qu’elle projettera facilement sur son couple ou sur celui des voisins !). Dans ce rêve, il y avait divorce entre son animus et son ombre et, ces opérations mentales ayant cessé, elle pouvait enfin épouser cet homme qui figurait son animus, c’est-à-dire avoir une relation consciente et suivie avec ses énergies intellectuelles et créatrices. Son début d’aventure sentimentale avait été le premier symptôme montrant qu’il existait en elle un surcroît de libido non utilisable dans sa vie de couple, de mère et de maîtresse de maison. Le rêve avait, à propos de sa décision d’écrire, repris l’affaire là où elle s’était arrêtée.
Ma première pensée fut aussi : est-ce à prendre concrètement ? Mais elle ne refoulait pas de désir pour cet homme. Il est utile en ce cas de voir s’il reste une émotion à propos de la situation passée qu’évoque le rêve, chose qu’il est difficile de faire lorsqu’il s’agit de son propre rêve. Or c’était pour elle tout à fait terminé.
[…] Il est évident que si l’énergie créatrice n’est pas rendue consciente et investie, son trop-plein causera des troubles. Si l’on n’exploite pas sa libido disponible, on s’ennuie à mourir et l’on est poussé à faire des bêtises d’un genre ou d’un autre, car l’énergie qui n’est pas employée dans la tâche voulue cherche un autre cours. Après m’être rappelé ces éléments, j’appliquai le rêve à la situation véritable de la rêveuse : la veille, quand elle s’était mise à écrire, elle avait tenté « d’épouser» ses opérations mentales ; son moi conscient s’était uni à certains élans et processus mentaux montés de l’inconscient, mais, pour ce faire, elle avait eu besoin d’un certain degré de détachement de son ombre féminine.
En effet, un travail créateur est tout particulièrement difficile pour une femme qui a toujours une tâche ménagère en retard à accomplir. S’identifier totalement à l’image collective de la bonne épouse — bonne mère — bonne maîtresse de maison est une grande tentation. Si cela va trop loin, c’est le fait de l’ombre : la femme tombe dans ces schémas collectifs et n’existe plus en tant qu’individu. Aussi, pour trouver sa vraie personnalité et pouvoir l’exprimer, elle doit devenir consciente de ce danger et se séparer de cette image-standard d’elle-même.

— Marie-Louise von Franz, La Femme dans les contes de fées

On creativity / A propos de créativité

« The creative process not only has a restorative effect on the personal psyche, but extends outwards to those listeners, readers and watchers who respond to it. The work itself becomes a wayshower and its redemption is felt vicariously. Keep going. » – Dreamwork with Toko-pa

« Le processus de création a non seulement un effet bénéfique sur la psyché personnelle, il s’étend à ceux qui écoutent, qui lisent, qui en sont témoins et qui y répondent. Le travail lui-même indique le chemin et ses effets rédempteurs se font sentir à travers les autres. Continuez »…