L’Ordre éternel

messengeroflove

Art: Caroline Young, Messenger of love

Lorsqu’on emprunte la voie des rêves, l’on remarque peu à peu d’étranges événements se produire qui semblent ici refléter notre état intérieur, offrir là une douce compensation ou un avertissement, nous indiquer la direction, ou même nous rappeler ce que nous avons rêvé la nuit passée. Etonnée, la conscience découvre ce que Jung appelle la synchronicité ; elle découvre aussi qu’il existe un autre ordre, bien différent de l’ordre temporel qui lui est familier.
Ou plutôt, elle le redécouvre.

Les Chinois savent en effet depuis toujours qu’il existe ce qu’ils appellent « l’Ordre du Ciel »,  ou l’Ordre éternel.
Dans l’historiographie chinoise, par exemple, on lit des chroniques de ce genre : « Dans l’année du lièvre, l’empereur flirtait avec le général en chef. C’est pourquoi un dragon se fit voir dans le lac untel. Le Yangtze déborda de ses rives et détruisit les champs de riz. » 
(1)
Marie-Louise von Franz poursuit : On observe ici la pensée synchronistique pure et simple. Bien entendu, les Chinois n’étaient pas assez stupides pour penser que la rivière Yangtze Kiang débordait parce que l’empereur flirtait avec le général en chef. Ils ne pensaient pas davantage à relier ces deux événements de façon causale comme nous le ferions. Mais pour eux, comme le dit Marcel Granet : « Chaque année est un ensemble d’événements qui, dans leur totalité, donne une image significative des sortes de choses qui semblent toujours se produire ensemble. »

Devant les catastrophes naturelles dont nous sommes actuellement les témoins — ou les victimes —, je ne peux m’empêcher de me poser une question : que tirerions-nous comme enseignement si, prenant un peu de recul et nous appuyant sur une sagesse millénaire, nous embrassions du regard ce qui est relaté dans les journaux pour découvrir les événements qui « aiment » à se produire ensemble ?

Comme nos rêves nous invitent à le faire au niveau personnel, nous opérons régulièrement quelques rectifications salutaires ; en d’autres temps, et sur un autre plan, l’empereur célébrait certaines cérémonies réparatrices. Il est assez tentant de faire le lien, de se tourner vers l’ensemble des dirigeants à travers le monde et de se demander : où donc sont, de nos jours, les cérémonies réparatrices ? Il serait toutefois assez tentant aussi de s’arrêter là.
Pourquoi ?
Parce qu’avant même de songer à jeter la première pierre, si l’on déplaçait notre attention ne serait-ce que d’un cran, cela soulèverait, n’est-ce pas, une autre question : lorsque nous agissons au quotidien — et pas seulement si nous occupons une position de leader —, avons-nous à l’esprit l’Ordre du Ciel antérieur ?

Et cela nous renverrait, pour sûr, à notre propre résonance.
Sommes-nous prêts à cela ?
Sommes-nous prêts à considérer que notre sécheresse de cœur d’une part et nos discours enflammés d’autre part sont à l’image de ce qui embrase le monde et participent de la politique de la terre brûlée ?
Sommes-nous prêts à considérer le fait que la répression répétée de nos émotions c’est autant de larmes invisibles qui se reflètent dans l’océan de chagrin du monde ? Et que cette répression est telle que le risque d’être un jour submergé au niveau personnel est immense… de même que, à l’image des crues ou des inondations, de brusques torrents de larmes risquent de nous entraîner les uns les autres dans une noyade collective ?
Pouvons-nous prendre en compte le fait que nos paroles ou nos actes sont parfois de véritables poisons qui viennent polluer les rivières de l’innocence et de la pureté ? Pouvons-nous envisager un instant que la tempête qui agite notre esprit risque de renforcer encore celle qui souffle déjà au dessus de certaines têtes, ivres d’idéologies de tous poils, menaçant les plus faibles d’entre nous, balayant sans distinction aucune ce que la conscience a construit de plus beau depuis des siècles ?
Pouvons-nous imaginer que nos explosions de rage ou de colère ont en écho, dans un ailleurs parfois très éloigné de notre réalité, un effrondrement ou une déflagration telle que l’équilibre d’un autre — ou d’une entière communauté — est menacé ? Pouvons-nous concevoir que toutes les frustrations qui couvent sous le manteau, la rage ou colère rentrées, tout ce que à quoi nous ne voulons ou ne pouvons pas faire face fait, qu’on le veuille ou non, de la planète une poudrière ?
Sommes-nous prêts ?
Sommes-nous prêts à prendre la mesure de l’impact [de l’empreinte écologique certes (2), mais également, et peut-être surtout, psychologique], que nous avons sur le monde et, humblement, nous mettre en quête de ce qui pourrait alléger la souffrance en nous (et donc tout autour de nous), non en l’ignorant, en la projetant — ou pire, en y plongeant un autre —, mais en l’accueillant et en la souffrant au plus profond de nous jusqu’à ce que l’amour dessine un chemin ?

Que de cœurs glacés dans ce monde,
qui aspirent à être réchauffés mais qui,
ne trouvant pas le rayon bienfaisant,
glacent le cœur des autres,
leur ôtant la confiance 
(3).

Le monde est semble-t-il entré dans son hiver.
Serons-nous suffisamment aimants (4), confiants, solidaires — et conscients — pour qu’un nouveau printemps de l’âme soit rendu possible ? La force de vie sera-t-elle frémissante assez pour que nous soyons tentés de nous joindre à la communauté foisonnante des architectes et des artisans du futur ? Parce qu’ils s’essaient à concrétiser leurs micro-visions de ce que pourrait être le paradis sur terre, des milliers d’initiatives ont vu le jour ces dernières années, dans le monde entier (5). Se détournant de l’amour du pouvoir et de la concurrence, ils cultivent de leur mieux le pouvoir de l’amour et de la coopération. Là où le cœur est touché, là est pour eux le chemin… et sur leurs pas refleurissent çà et là les jardins — de la Terre ou de l’âme.
Certains esprits chagrins pourront les qualifier de rêveurs… Je les trouve pour ma part inspirants. Chacun d’eux se fait peut-être l’écho des paroles de John Lennon : You may say I’m a dreamer, but I’m not the only one (6)

— © Michèle Le Clech


(1) Marie-Louise von Franz, Les Modèles archétypiques dans les contes de fées, éditions La Fontaine de Pierre.
(2) Je ne résiste pas à l’idée de citer Lierre Keith, écrivaine et féministe radicale (extrait de son article Les jeunes filles et les herbacées ; traduction Nicolas Casaux) :

Pris un par un, les faits sont épou­van­tables. Au cours de mon exis­tence, la terre a perdu la moitié de sa faune sauvage. Chaque jour, 200 espèces glissent dans la longue nuit de l’ex­tinc­tion. « L’océan » est syno­nyme des mots abon­dance et profu­sion. Pléni­tude est aussi sur la liste, ainsi qu’in­fi­nité. Et d’ici 2048, les océans n’abri­te­ront plus aucun pois­son. Les crus­ta­cés connaissent « un échec repro­duc­tif complet ». En d’autres termes, leurs bébés meurent. Le planc­ton dispa­rait égale­ment. Peut-être que le planc­ton est trop petit et trop vert pour que quiconque s’en soucie, mais nous savons cela : 2 respi­ra­tions animales sur 3 sont rendues possibles grâce à l’oxy­gène que produit le planc­ton. Si les océans tombent, nous tombe­rons avec eux.

(3) Charles Baudouin, La Force en nous, 1950.
(4) Parce que les graines du changement se trouvent au dedans de nous, je ne résiste pas au plaisir de citer CG Jung à ce sujet :

Nourrir ceux qui ont faim, pardonner à ceux qui m’insultent et aimer mon ennemi, voilà de nobles vertus. Mais que se passerait-il si je découvrais que le plus démuni des mendiants et que le plus impudent des offenseurs vivent en moi, et que j’ai grand besoin de faire preuve de bonté à mon égard, que je suis moi-même l’ennemi qui a besoin d’être aimé ?
Que se passerait-il alors ?

(5) Exemples : écologie profonde, psychologie des profondeurs, développement durable, permaculture, Projet Oasis, écovillages, justice réparatrice, Théorie U, intrapreuneriat, facilitation de la convergence, le crowdfunding, L’Université des va-nu-pieds
(6) John Lennon, Imagine, 1971


 

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Marie-Louise von Franz : susceptibilité

La Femme dans les contes de féesLa rose avec ses épines, dit un auteur médiéval, appartient à Vénus et symbolise l’amour, car il n’y a pas d’amour sans souffrance ; « Là où il y a du miel, il y a aussi du fiel. »
On peut rattacher les épines des roses à ces terribles coups involontaires que se portent mutuellement les personnes qui s’aiment.
Ces échanges de coups d’épées, qui consistent à se toucher aux points les plus vulnérables, sont en réalité des luttes entre animus et anima : ce sera exactement à l’endroit où le sentiment de l’homme est le plus incertain et le plus sensible que la femme enfoncera la pointe de son animus négatif, tandis que c’est là où la femme a le plus besoin d’être acceptée, comprise et encouragée que l’homme lui versera le poison de son anima meurtrière.
La présence de telles épines ou de leur équivalent indique généralement dans les rêves une susceptibilité exaspérée qui s’accompagne toujours d’agressivité. La personne souffre, mais, en se défendant contre sa propre souffrance, elle blesse les autres.

S’il me vient un patient ou une patiente très susceptible, je sais que j’en recevrai beaucoup de piqûres désagréables et qu’il est prudent de revêtir une armure protectrice. Ces personnes sont souvent fières de cette sensibilité sans se rendre compte qu’elle leur sert à tyranniser autrui : un mot peu aimable provoquera des drames des mois durant, et vous ne pouvez ouvrir la bouche de peur de les heurter ; elles font des scènes sur tout, boudent et se sentent attaquées à tout propos dans leur merveilleux sentiment.

Pareille attitude, si elle traduit la souffrance d’un être prisonnier de lui-même, cache aussi généralement un complexe de domination fort ordinaire qui apparaît en rêve dans les figures d’ombre. Cette attitude infantile devant la vie sert souvent à ces personnes à manipuler ceux qui les entourent.
Quand il s’agit d’une femme, ce qui serait normalement de l’amour devient une haie d’épines où tout homme, en s’aventurant, se fait tellement piquer et déchirer qu’il ne lui reste plus que la retraite.
Il n’est pas possible à un homme de s’approcher d’une femme qui est susceptible au point de se sentir ulcérée par la moindre remarque : c’est trop compliqué pour lui, et bien entendu, il abandonne ou son amour meurt transpercé comme les prétendants du conte.

— Marie-Louise von Franz, La Femme dans les contes de fées

Rêve et spiritualité

img_0783Le contact avec quelqu’un de bienveillant et d’authentique — d’authentiquement bienveillant —, nous pousse parfois à réfléchir à ce que nous avons été amenés à vivre dans certaines de nos institutions à vocation dite spirituelle.

Comme pour nous encourager, ce qui incarne nos plus belles aspirations à la spiritualité est alors illustré par les rêves comme un obstacle dans la relation avec le Bien-Aimé. Certaines voies sont en effet si teintées de rigorisme et tellement dogmatiques que les rêves nous les présentent à un moment donné comme un bastion duquel on cherche à s’échapper. Ils montrent qu’au fond de la psyché, quelque chose vient faire barrage à nos échanges avec ce qui, en nous, est véritablement au service du cœur, et que les échanges basés sur le jugement, les devoirs et la culpabilité ne sont pas vraiment le terreau idéal pour les graines d’amour.

Si nous n’accordons pas suffisamment d’attention aux messages qui nous invitent à quitter certains chemins, quelque chose de nous se voit coupé de l’eau de la vie. Il se peut même que certains se désespèrent de n’atteindre pas l’éveil ou le ravissement dont font état les mystiques, et tout au fond de l’âme, sans qu’ils en connaissent souvent la provenance, langueur et tristesse s’installent.
Soir après soir, certains s’offrent alors une eau de vie…
Un deuxième verre… et puis un autre…

Mais les rêves guident le voyageur de l’âme ; ils peuvent même devenir menaçants, soulignant le danger de certaines tendances addictives. Dans La Délivrance dans les contes de fées, Marie-Louise von Franz écrit :

Le besoin de boire, de même que celui de se droguer est, dans de nombreux cas, secrètement motivé par la nostalgie de l’expérience numineuse. L’extase chargée d’émotion était originellement et historiquement l’élément de base de l’expérience religieuse. Quand des êtres sont séparés et frustrés de cette expérience, par intellectualisme ou pour toute autre raison, la nostalgie du spirituel prend quelquefois cette forme par trop concrète : l’extase religieuse est recherchée dans la bouteille !

Ce n’est parfois qu’en réjoignant les anciens élèves de ces institutions — ceux qui ont quitté le maître extérieur pour se tourner vers le maître intérieur, redevenant ainsi de nouveaux apprenants — que l’on retrouve la liberté « d’être en amour » et de restaurer un dialogue aimant avec soi, avec les autres, avec la Vie.

— © Michèle Le Clech

Présence de Jung

PresenceJungTrois analystes proches de C.G. Jung s’entretiennent avec Susan Wagner, elle-même analyste jungienne aux États-Unis : Marie-Louise von FranzBarbara Hannah et Gerhard Adler.

Le mot de l’éditeur

L’œuvre de Jung a un caractère intemporel. Elle est sans cesse réactualisée par l’impact qu’elle a sur ceux qui la lisent. Elle fournit aussi des outils précieux pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons : les dangers de l’ombre collective ou le besoin de prendre conscience des projections sont par exemple des sujets d’une actualité brûlante.
Trois analystes proches de C.G. Jung s’entretiennent ici avec Susan Wagner, une junguienne elle-même analyste aux États-Unis. Ayant personnellement connu Jung, ces trois continuateurs de sa pensée relatent leurs souvenirs et tracent, chacun à sa manière, le portrait de cette figure centrale de la psychologie du XXe siècle dont les découvertes continuent d’alimenter la pensée actuelle.
Avec des sensibilités différentes, ils abordent la personnalité de Jung aussi bien que les grands thèmes de sa psychologie — l’ombre, les archétypes, le lien entre le masculin et le féminin, l’alchimie, la synchronicité, le transfert, etc.
C’est un vaste panorama de l’homme et de son œuvre. Les différents thèmes sont traités avec la vivacité que donne l’interview, c’est-à-dire de l’oral. Le sens de l’humour prévaut aussi. On a l’impression de participer à une discussion.
Comme en témoigne cet ouvrage, la pensée de C.G. Jung ne se dissocie pas de son vécu. Et, comme par ricochet, les lecteurs de C.G. Jung se trouvent amenés, en approfondissant sa psychologie, à explorer leur propre vie intérieure.

Marie-Louise von Franz : le mystérieux tisserand

InterpretationContesFees« Ce n’est que lorsque l’on en a interprété le sens que l’on découvre la richesse et le génie de composition de chaque rêve.

Chaque nuit, le mystérieux tisserand est à l’œuvre en nous, y nouant de merveilleux motifs ; ceux-ci sont si subtils que, pour notre malheur, il nous arrive souvent, après une heure d’efforts pour les interpréter , de devoir y renoncer.

En fait, nous sommes simplement trop maladroits et trop bornés pour pouvoir suivre le génie de cet esprit inconnu qui, dans l’inconscient crée les songes.
Cette incapacité nous amène en tout cas à comprendre que ce tapis est tissé avec une finesse infiniment supérieure à tout ce qu’un être humain pourrait accomplir. »

— Marie-Louise von Franz, L’Interprétation des contes de fées

 


 

Présentation de l’éditeur

Les contes de fées, ces productions mystérieuses de l’âme populaire qui se racontaient aux veillées, ont longtemps joué le rôle d’un enseignement de sagesse destiné autant aux adultes qu’aux enfants.
Cette sagesse conservait des éléments païens et restait plus proche de l’inconscient et de la nature que l’enseignement chrétien qu’elle complétait en y intégrant, en particulier, le problème du mal.
La psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung a permis à sa collaboratrice et continuatrice Marie-Louise von Franz de pénétrer le sens symbolique et psychologique des contes et de nous en transmettre la « substantifique moelle ».
Le présent ouvrage, dont c’est la sixième édition, fait partie d’un ensemble de six titres consacrés à ce sujet par l’auteur.


 

Marie-Louise von Franz : pour le moment…

m2_20100708-165330-63059[…] il existe de nombreuses strates et l’on peut toujours comprendre à un niveau autre et plus profond. Cela revient à dire qu’une partie de vous a enfin compris quelque chose, puisque vous descendez dans une plus grande profondeur, pour ainsi dire; et vous prenez alors conscience de cette même chose, mais sur un mode infiniment plus vivant et riche qu’auparavant ; et cela continue indéfiniment jusqu’à ce que cela devienne complètement réel.
Même si vous avez l’impression qu’une prise de conscience s’est opérée, vous devez toujours avoir l’humilité de dire que telle est votre impression… pour le moment.
Dans quelques années, vous direz peut-être que vous ne saviez rien auparavant, mais que vous comprenez maintenant ce qui était en jeu.

Ce qui est à mon sens si beau dans ce travail, c’est cette aventure qui ne se termine jamais, car, chaque fois que vous tournez au coin de la rue, d’un paysage, vous découvrez un nouveau panorama, un point de vue complètement différent sur la vie.
Vous ne savez jamais rien définitivement, rien n’est jamais résolu, même ce que vous croyez déjà réglé.

— Marie-Louise von Franz, Alchimie – Une introduction au symbolisme et à la psychologie

Marie-Louise von Franz : infection psychique

Ame et archetypes« Tant que nous sommes inconscients nous ne sommes pas distincts des autres ; nous agissons, réagissons, pensons et sentons comme eux. C’est ce phénomène que Jung a appelé identité archaïque ou participation mystique, reprenant un terme conçu par Lévy-Bruhl.
Quand nous analysons les rêves de petits enfants, nous voyons souvent qu’ils rêvent de problèmes qui ne sont pas les leurs, mais ceux de leurs parents.
Dans les groupes familiaux ou dans d’autres communautés où les liens sont étroitement tissés, les individus rêvent souvent des problèmes de leur entourage; C’est comme si, dans les couches les plus profondes de l’inconscient, nous ne pouvions distinguer ce qui appartient à qui, comme si notre psyché inconsciente fusionnait pour ainsi dire avec celle des autres.
L’aspect négatif de ce phénomène, c’est que, tant que nous sommes inconscients, nous sommes perméables aux infections psychiques. Les complexes des autres personnes peuvent nous affecter au point de nous posséder. Ils peuvent même provoquer des états de possession collective.
Un autre aspect négatif de cette identité archaïque réside dans le fait que nous supposons que les autres sont psychologiquement semblables à nous. Cela semble nous donner le droit de les juger et de vouloir les ‘améliorer’ et même de les manipuler ou de leur imposer nos idées. »

— Marie-Louise von Franz, Âme et archétypes