Les nouveaux machos

TrueLove

Pensez à toutes les horreurs et toutes les cruautés diaboliques que les hommes depuis la nuit des temps ont infligées à leurs frères. Cela doit venir à vous, dans votre cœur. (1)
— CG Jung

Parce qu’il s’est vu dénaturé au fil des siècles, l’archétype du guerrier se vit dans nos sociétés via le culte du héros. En conséquence, l’antique guerrier spirituel ressemble davantage aujourd’hui à un soldat de fortune — je dois l’expression à Boysen Hodgson (2).
Et les combats et les guerres, qui naissent de l’interprétation erronée de cet archétype, laissent dans l’âme des hommes des blessures telles que beaucoup d’entre eux sont de véritables écorchés vifs. Sensés être des héros, ils n’auraient d’autre choix qu’une immense solitude intérieure, assortie d’un seul credo : « Sois fort ».

Les hommes, poursuit Boysen Hodgson, pataugent dans le bain d’une masculinité particulière, inconscients de l’extrême toxicité de ce bain, néfaste non seulement pour eux, mais également pour tous ceux (et ce) qui les entourent.
« Aidés » par une éducation qui encourage la dualité — et donc la séparation d’avec l’autre, l’égoïsme, la performance, la domination et l’exploitation —  beaucoup sont isolés, démunis, et leurs plaies restent à vif, faute d’espaces propices au partage et à la guérison. Laisser les autres s’approcher signifierait s’infliger des souffrances supplémentaires, aussi pénibles qu’inutiles. De ce fait, colère, rage et violence, mauvaise humeur ou mutisme, addiction (au travail, au sport, ou à diverses substances), sont parfois les seuls outils dont dispose l’homme d’aujourd’hui pour maintenir les autres à distance, pour les protéger certes parfois, mais malheureusement parfois aussi pour se décharger lui-même d’un trop lourd fardeau… ou entourer la partie blessée d’un mur infranchissable.

En pleine crise identitaire, les hommes seraient selon Robert Bly des semi-adultes. Et si les stratégies qu’ils adoptent ont à leurs yeux vocation à les protéger, elles les conduisent bien plutôt à léguer à leurs descendants, et de façon répétée, une semblable immaturité— tout particulièrement sur le plan émotionnel, avec toutes les blessures, les souffrances et l’insoutenable isolement qu’elle engendre, en soi et autour de soi.
Un lourd passé familial fera souvent de leurs fils et de leurs filles les héritiers et les victimes de traumatismes qui se répètent de génération en génération, et un tel passé leur laissera, outre des questions sans réponse, une souffrance intérieure aiguë qu’ils ne peuvent ni s’expliquer ni apaiser.
C’est la raison pour laquelle, dans les années 80 aux Etats-Unis, Robert Bly a lancé le Men’s Movement, initiant des groupes (réservés aux hommes) qui leur offraient la possibilité de partager leurs difficultés et de se soutenir mutuellementGrâce à d’autres initiatives, comme le ManKind Project, une partie de la nouvelle génération d’hommes est aujourd’hui bien différente. Si vous avez la chance de croiser le chemin de l’un de ces new machos (3)férocement, délicieusement optimistes, bienveillants et ouverts, vous goûtez à l’une de ces conversations adultes et responsables d’un homme qui ne craint ni de faire face à l’ombre du masculin ni de revendiquer — et surtout d’incarner — d’authentiques valeurs qui vont bien au-delà des genres.

Ces new machos réhabilitent l’archétype du guerrier, mais aussi de l’amant, du roi, et de celui qu’on qualifiait auparavant de « sorcier ». Ce qui était d’ordinaire caché, réprimé ou nié — et donc vu à l’extérieur comme un ennemi  —, ne fait plus l’objet d’une autre guerre à livrer ni de la croyance que tout est sous contrôle : les seuls démons de ce monde sont désormais ceux qui grouillent dans leur propre cœur et c’est là que se livrent tous leurs combats (4).
Une constatation aimante émerge face à l’autre : « Je suis aussi cela. »
Le devin voit le futur, comme l’homme sage les germes (les conséquences de certains actes) et offre ainsi une plus large perspective. Il permet d’éviter le piège de la peur devant l’énorme tâche à accomplir ou la crainte de retomber entre les griffes de ce à quoi on tente précisément d’échapper : « Moi d’abord ; les autres je m’en fiche. » Le devin sait aussi  la croisée des chemins, située entre un passé dont on ne veut plus et un futur qui s’écrit lentement, pas après pas, un lieu de transition et d’extrême inconfort qui, de tout temps, a été synonyme de danger.
Le guerrier  pacifique est toutefois capable de supporter la tension des contraires.
Il sait aussi poser de claires limites et n’hésite pas à trancher, à choisir, à refuser ; dit autrement, il sait « mettre un terme », tout en respectant la vie. Ce guerrier veille aussi sur le chaudron alchimique là où s’exprime le côté non rationnel de l’homme, le lieu de toutes les blessures, de tous les chagrins, de tous les traumas… et de tous les désirs. Et il ne craint pas de solliciter ses frères quand cela devient vraiment « chaud » et qu’il a besoin de soutien. Ce chaudron, cet athanor, ce calice, est plus que jamais requis aujourd’hui et nous sommes tous — hommes comme femmes — invités à en chercher un… et peut-être même un jour à en former un. Grâce à un tel conteneur, l’homme peut enfin décroiser les bras qui faisaient jusqu’alors barrage à l’expression et aux mouvements de son cœur. Il passe d’une image du mâle, aussi inatteignable que souhaitable, à celle d’un tout autre genre : celle de l’amant qui honore et sert désormais la communauté sans s’oublier lui-même. Il a cette extraordinaire capacité à mettre du « et » là où la seule option était jusqu’alors le « ou ».
Quel homme es-tu véritablement se demande-t-il ? Que dois-tu traverser pour le découvrir ? Es-tu prêt à t’ouvrir à la diversité et à t’exposer au challenge que cela représente jusqu’à ce que tu sois rendu capable de voir que nous sommes et semblables et différents ? Es-tu prêt à revisiter ton histoire — et même l’Histoire et ses institutions, voir ce que les hommes ont réellement bâti et reconnaître toute l’horreur de certaines actions ?
Toutes ces choses peuvent-elles tenir dans ton viseur sans que tu fasses des autres une cible — et sans devenir toi-même cette cible au risque de basculer dans la honte ou te sentir diminué ? Es-tu prêt à écouter, à partager et à apprendre de ceux qui ne sont pas comme toi ?
Pour Boysen Hodgson, ce sont là des questions qu’il est important de se poser (5).

Peu à peu, l’Amour est ce qui règnera dans la psyché, véritable monarque et maître des métamorphoses. Il fait du roi un amant qui veille sur le trésor et chérit ce qui est avenir — un roi qui est également et avant tout un serviteur. Il unit en lui les contraires et le Féminin, qu’il porte aussi en lui, il le sert, quel que soit le visage qu’il lui offre : Dame l’âme, femme ou Nature, c’est égal. Le calice et l’épée deviennent les attributs qui lui permettent de veiller sur le royaume, intérieur comme extérieur, guidé par ce qui fait sens dans sa vie.
Où en sommes-nous aujourd’hui dans ce changement de paradigme ? Peut-être entre les moqueries et les attaques, dit Boysen Hodgson, s’inspirant d’un des discours du syndicaliste américain Nicholas Klein  :

D’abord ils vous ignorent. Ensuite, ils vous ridiculisent. Puis, ils s’en prennent à vous et vous incendient.
Plus tard, ils érigent un monument à votre nom.
(6)

Les femmes reconnaîtront dans ce nouveau macho, l’émergence du masculin authentique qui se prépare également au sein de leur psyché à travers les prises de conscience successives des agissements de l’animus.

© Michèle Le Clech


(1) CG Jung, Le Livre Rouge, Liber primus : « Descente aux enfers vers l’avenir »
(2) Boysen Hodgson,
(3) En référence à l’article de Boysen Hodgson, The New Macho, publié sur le site ManKind Project.
(4) Inspiré des paroles de Ghandi.
(5) Boysen Hodgson: « Conscient Masculinity », une interview de Dustin Urban.
(6) Ma traduction

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Marion Woodman : la quête du Féminin conscient

marion-woodmanLe féminin véritable est le réceptacle de l’amour. Le masculin véritable, c’est l’esprit qui pénètre dans  l’immensité de l’inconnu en quête de sens. Le Soi, paradoxalement mâle et femelle à la fois, les contient tous deux. Si ces derniers sont projetés sur le monde extérieur, la transcendance alors n’existe plus. Le Soi — la complétude intérieure — se pétrifie. Sans l’esprit masculin authentique, sans l’amour véritable sous sa forme féminine au dedans de nous, il n’y a pas de vie intérieure… Être libre demande de briser les statues de pierre et de permettre à la vie et à l’amour de s’écouler.

— Marion Woodman, Addiction to Perfection: The Still Unravished Bride (1)

Pour l’analyste jungienne, Marion Woodman, des siècles teintés de “pensée patriarcale” ont soustrait l’âme de la vie, intérieurement comme extérieurement, et mis le monde en grand danger. Dans les discussions, les ateliers et les stages intensifs de BodySoul Rhythms au Canada, aux États-Unis et en Europe, elle nous incitait vivement à nous relier à l’énergie inconsciente qui sous-tend nos meilleures intentions, nous entraînant là où nous ne voulions pas forcément aller.
Ses livres,
Obsédée de la perfection, La Vierge enceinte, The Ravaged Bridegroom, Conscious Feminity, Leaving my Father’s House, et Dancing in the Flames témoignent de son travail.
Célèbre pour sa pratique, qui vise à relier le corps, l’âme et l’esprit, elle explique dans Conscious Feminity, que « Pour la conscience féminine, le corps et la spiritualité sont deux aspects d’une totalité. L’esprit atteste de la présence du corps, fait ressortir sa sagesse […] ‘Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas’, peut se traduire par ‘Ce qui est dans la tête se trouve dans le ventre’ ; les deux sont  présents simultanément et ne s’opposent pas.(2)”

J’ai découvert le travail de Marion Woodman au début des années cinquante, au moment où son deuxième livre, Addiction to Perfection: The Still unravished Bride est paru. Intriguée par le titre, je l’ai apporté avec moi dans le Maine pendant des vacances d’été censées être idylliques au bord d’un lac. Son message — il est plus facile d’œuvrer à être mieux que ce que l’on est plutôt que d’être qui l’on est —, m’a forcée à reconnaître, pour la première fois, qu’il y avait en moi une sorcière exigeante et une Ophelie impuissante tapies dans la profondeur. Ainsi a commencé, dans le monde souterrain de la psyché, un voyage de trente ans à la recherche du féminin — cette énergie d’un cœur conscient, honorant sa présence (par féminin et masculin, Marion Woodman ne parle pas de sexe, mais d’une énergie aussi ancienne que l’idée taoïste du yin et du yang, ou la Shakti hindoue et Shiva).

ShivaDreaming

Shiva Dreaming, Cornelia Kopp, 2005

A l’âge de cinquante ans, Marion Woodman a radicalement changé ; elle a quitté son emploi de professeur d’anglais et a fui vers l’Inde à la recherche d’une aide face à la maladie et la souffrance. Fille d’un ministre de l’Eglise unie du Canada, elle a été à la fois bouleversée et inspirée par une culture dont l’énergie psychique et spirituelle différait si radicalement de la sienne.

Elle a entrepris par la suite une analyse jungienne en Angleterre puis s’est formée à l’Institut Jung de Zurich pour devenir analyste.
(suite : cliquez sur les numéros ci-après)

L’âme des femmes

AmeFemme

L’Âme des femmes est un ouvrage collectif.
Réunies en collectif de recherche et d’écriture, cinq femmes psychanalystes se penchent sur la question très actuelle de l’affirmation de la femme, portée par la figure inconsciente de l’Animus.
Elles revendiquent une remise en cause des théories de CG Jung sur l’Animus, et des points de vue passéistes qui irriguent la littérature traitant de ce sujet à la suite du « maître ».
Elles témoignent ici en toute liberté de leurs expériences psychiques et de leur relation avec cette âme masculine inconsciente. Plusieurs sujets sont abordés : la femme et sa créativité, le corps de la femme, l’épreuve du manque de père, l’expression de la femme et celle de la mère, la femme et la violence, la femme entre archaïsme et modernité. Un livre dont la forme fait une large part aux illustrations et au graphisme pour offrir un ensemble accessible même aux non-spécialistes.

Francine Perrot : Le Langage imagé des rêves (extrait)

Le Langage imagé des rêvesExtrait du livre de Francine Perrot, Le Langage imagé des rêves, dialoguer avec notre double secret

LE MONDE DES RÊVES
Il nous arrive de rêver éveillés et de nous inventer des histoires. Il peut être instructif de suivre ces rêveries et de voir où elles nous mènent. Les enfants, demeurés proches de l’inconscient, vivent spontanément ces mondes fantasmatiques auxquels ils donnent corps dans leurs jeux, leurs dessins et leurs aventures imaginaires souvent incomprises des adultes murés dans l’étroitesse de leur rationalité. Le jeu et l’imagination sont indispensables à la construction et au développement mental de l’enfant et nous devons nous garder de rationaliser leurs productions, car ils expriment et représentent, non le monde concret, mais leur monde intérieur. Quant aux musiciens, aux romanciers, aux poètes, aux cinéastes et à tous les artistes qui ont la chance d’avoir gardé de leur enfance un lien privilégié et spontané avec l’irrationnel et ses inspirations, avec leur double intime, ne donnent-ils pas forme dans leurs œuvres, par leur labeur et leur art, leur « métier », à leurs rêves, leurs phantasmes et leurs sentiments profonds ? Toute oeuvre artistique ou littéraire n’est-elle pas la réalisation, la concrétisation d’un rêve, le fruit d’une rencontre avec notre être intérieur ?Les peuples de l’Antiquité attachaient beaucoup d’importance aux rêves qui faisaient partie des initiations et aussi des thérapies car ils savaient que la santé du corps et celle de l’âme vont de pair. Ainsi, à Épidaure, les malades se préparaient à recevoir des songes envoyés par Esculape, le médecin mythique porté au rang des dieux, par des jeûnes, des prières et des rites, avant de passer une nuit « d’incubation » dans son temple. Des serpents y vivaient en liberté. Le serpent représente notre moelle épinière et notre vie instinctive nécessaires à la préservation de notre santé. C’est pourquoi des serpents s’enroulent autour du caducée qui continue à symboliser, depuis ces temps lointains, la profession médicale. Ils sont deux, car la santé, tant morale que physique, est un équilibre entre les énergies complémentaires. Le caducée était également un attribut de Mercure au casque et aux talons munis d’ailes, esprit mobile et insaisissable comme le métal dont il porte le nom et comme les inspirations et les rêves qui ont tendance à nous échapper si nous ne réussissons pas à les saisir sur le vif. Il faisait le lien entre « le domaine des dieux » et le monde des humains, entre l’inconscient et le conscient, il participait des deux, c’est pourquoi il était hermaphrodite. Au matin, les prêtres-médecins du temple interprétaient les rêves du patient, et c’est d’après les indications qu’ils en tiraient qu’ils lui prescrivaient les remèdes appropriés et des conseils de vie saine. En alchimie, le Soufre, masculin, est à la fois opposé et relié à Mercure, qui était représenté comme androgyne.Tous les peuples de cultures dites traditionnelles, non industrielles qui ont conservé un lien avec leur vie spontanée vénèrent les « grands rêves », tant pour le rêveur que pour la communauté et les racontent solennellement à la tribu réunie. Si ces rêves sont ressentis comme ayant un contenu religieux, ils peuvent donner lieu à la création de rites et de cérémonies, de chants et de danses. De même, les contes populaires et les mythes sont le fruit de l’imagination créatrice des différents peuples, les réponses symboliques à leurs questionnements sur la naissance du monde, les grandes énigmes de la vie et leurs aspirations profondes. Ils sont l’expression d’une sagesse millénaire, ces «vérités éternelles» qu’il nous faut traduire dans un langage de notre époque. Et les religions n’ont-elles pas, à l’origine, été « révélées » par des songes et des visions ? Ainsi, on voit parfois aux chapiteaux de nos cathédrales un ange, messager divin, penché sur l’épaule de l’évangéliste pour lui dicter son texte.

Masculin/Féminin : C.G. Jung

« Qu’en est-il de la masculinité ? Sais-tu combien de féminité manque à l’homme pour son accomplissement ? Sais-tu combien de masculinité manque à la femme pour son accomplissement ? Vous cherchez le féminin chez la femme et le masculin chez l’homme. Et ainsi il n’y a jamais que des hommes et des femmes. Mais où sont les êtres humains ? Toi, homme, tu ne dois pas chercher le féminin chez la femme, mais tu dois aller le chercher et le reconnaître en toi, car tu [le] possèdes dès le commencement. Mais cela te plaît de jouer la masculinité, parce que tu suis ainsi la voie toute tracée des habitudes anciennes.
Toi, femme, tu ne dois pas chercher le masculin chez l’homme, mais tu dois prendre en charge le masculin en toi car tu le possèdes depuis le commencement. Mais cela t’amuse et il est facile de jouer à la petite femme, et pour cette raison l’homme te méprise car il méprise sa part de féminité.
Mais l’être humain est masculin et féminin. Il n’est pas seulement homme ou seulement femme. Tu ne peux dire de ton âme de quel sexe elle est. Mais si tu observes précisément, tu verras que l’homme le plus masculin a une âme féminine, et que la femme la plus féminine a une âme masculine. Plus tu es homme, plus le féminin est éloigné de ce que la femme est réellement car le féminin en toi-même t’est étranger et te paraît méprisable. »

— C.G. Jung, Le Livre rouge, p. 263

Dakinis : le féminin de la sagesse, Véronique Jannot

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« DAKINIS… » Derrière ce mot ce cache tout un monde . Le principe Dakini c’est le principe féminin.  Le langage Dakini s’entend dans le silence, se lit dans le noir ou dans l’espace.   Ouvrir cette porte , c’est accepter d’entrer dans la dimension de l’impalpable , de l’irrationnel…

Le principe Dakini n’appartient pas qu’aux femmes, de même que le principe masculin n’appartient pas qu’aux hommes. Plus un être devient ouvert et réceptif, plus il se rapproche de ce que l’on appelle : « l’être de sagesse Dakini ».

Kandro Tsöring Chodron, éminente Dakini, qui fut la compagne spirituelle d’un des plus grands maitres bouddhistes de tous les temps ,  Jetsun Pema qui a consacré sa vie au TCV (Tibetan children village) afin d’éduquer  ceux que le Dalai Lama appelle « les graines d’avenir du Tibet »,  Ama Adhe, enfermée dans les prisons chinoises pendant vingt sept ans, Dominique Marchal , première  femme pilote commerciale, qui découvrit le bouddhisme tardivement et s’engagea dans l’humanitaire. Des portraits de femmes aussi différents qu’émouvants. Avec la complicité de son guide spirituel, Sogyal Rinpoche, auteur de l’ouvrage Le Livre tibétain de la vie et de la mort, Véronique Jannot nous emmène à la rencontre de ces femmes aux destins hors du commun.

Les rencontrer, les écouter, est un moment inoubliable. En les quittant on se sent grandis, avec le sentiment d’avoir reçu un cadeau de la vie… »

Véronique Jannot  (voir le site)

Vallée du monde ; masculin/féminin

Connais le masculin,
adhère au féminin,
sois la Vallée du monde
Quiconque est la Vallée du monde,
la vertu constante ne le quitte pas.
Il retourne à l’état d’enfance.
Connais le blanc,
adhère au noir.
Sois la norme du monde.
Quiconque est la norme du monde,
la vertu constante ne s’altère pas en lui.
Il retourne à l’état de ce qui n’a pas de limite.