Authenticité

BoisHal

Bois de Hal

L’authenticité
est une pratique quotidienne
qui consiste à laisser tomber
celui ou celle
que nous imaginons devoir être
et à embrasser celui ou celle
que nous sommes véritablement.

— Brene Brown

Chaque fois que nous choisissons d’écouter, en nous accordant le temps et la bienveillance nécessaires, ce qui murmure — ou ce qui hurle — au plus profond de nous,  chaque fois que nous décidons d’accueillir et d’honorer nos sentiments véritables, il se peut certes que nous prenions un risque, celui de nous tenir en marge du groupe ou d’une relation, mais nous nous offrons surtout le luxe de l’authenticité chère à notre âme. En nous tenant au plus près d’eux, en nous y lovant, nous permettons à ces sentiments de livrer leur secret ou, formulé autrement, de dévoiler ce à quoi nous aspirons vraiment.

Nous enterrons en quelque sorte joyeusement la partie de nous qui a appris de ses ancêtres à ne pas faire de vagues et à rester « petite »… et nous osons enfin exprimer nos attentes. Et parce que nous avons, dans le même temps, cultivé le lien avec cette part masculine de notre être qui est en mesure de protéger nos valeurs, c’est d’une voix posée que nous exprimons ces attentes ; c’est aussi avec une toute nouvelle assurance que nous décidons d’agir, de ne pas agir ou de ne pas participer.

Si l’on en croit les rêves, de tels choix nous font progresser un peu plus encore vers notre essence féminine, ses creux et ses vallées, cet écrin de nature qui abrite le temple intérieur (qu’un rêve appelait aussi Château de recouvrance)… le cœur de l’être où se recueille la part d’humanité que tous nous abritons, et qui aspire à l’unité et à la paix retrouvées.
C’est ainsi que nous veillons, chacune à notre mesure, à l’équilibre du monde.

Dans ce domaine du Soi se rencontrent tous ceux à qui nous appartenons, chacun dont nous touchons le cœur, où « il n’y a aucune différence, juste une présence immédiate » (1).

— © Michèle Le Clech

(1) Marie-Louise von Franz, Reflets de l’âme
Voir aussi l’article de Carnets de rêves : CG Jung, la nouvelle religion

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L’eau des émotions

AuBordEauPour diverses raisons, et souvent bien trop tôt, certains d’entre nous ont été coupés de leurs sentiments, et de l’eau de leurs émotions.
Leur nature véritable a comme été dressée, et l’expression « Prends sur toi. » est devenue pour eux une sorte de mantra.
Lorsqu’on se tourne vers les rêves, les images sont alors bien souvent une invitation à renouer avec l’eau. Et l’on constate bientôt avec émerveillement que cette nature émotive, sensible, vulnérable — qui avait été jugée inopportune, et pouvait jusqu’alors apparaître comme une faiblesse —, contient sa propre force et s’avère être en définitive une capacité assez extraordinaire à être en lien avec soi…  et avec les autres.

Au contact des images, la personnalité « trop sensible » retrouve soudain avec bonheur son élément et, non contente de l’accueillir, y pénètre, opérant un retournement total de son être, émerveillée de voir les capacités de sa nature  véritable à se laisser porter et même guider par l’émotion, profondément à l’écoute de toutes ses variantes.
Ce qui n’était jusque là pour l’oreille qu’un bouillonnement incessant, ou même un bourdonnement parasite, devient finalement un élément naturel, un medium auquel l’instinct s’adapte tout naturellement, quelque chose que l’on cesse de vouloir écarter mais auquel on s’abandonne avec délice et confiance, curieux de voir où cela mène.
Ce naturel se retrouve tout d’abord à l’abri des regards, s’enhardit peu à peu, et trouve bientôt sa place dans le monde, libérant la parole, désamorçant les situations embrouillées, simplifiant les relations.
Les rêves, comme un ciel étoilé, servent de repères dans l’aventure, semblant encourager la démarche.

L’eau n’est ni ennemie ni synonyme de danger. Elle a sa place dans notre microcosme intérieur ; ses ruissellements ont leur raison d’être… la stagnation aussi. Et si nous acceptons de suivre le courant, de traverser les grandes eaux, d’évoluer en eaux troubles ou sur des eaux dormantes, un instinct sûr est là qui nous porte ou nous entraîne.

— ©  Michèle Le Clech

Marie-Louise von Franz : l’anima

« L’anima est la personnification de toutes les tendances psychologiques féminines de la psyché de l’homme,
comme par exemple les sentiments et les humeurs vagues, les intuitions prophétiques, la sensibilité à l’irrationnel,
la capacité d’amour personnel, le sentiment de nature, et enfin non des moindres, les relations avec l’inconscient »

— Marie Louise von Franz